Simon English au Transpalette par Frank Lamy

Nous avions rencontré Julie Crenn commissaire associée au Transpalette Bourges à l’occasion de l’exposition fascinante de Myrima Mechita en février 2019. A présent c’est Frank Lamy (Mac Val) qui y présente l’œuvre intime de l’artiste britannique Simon English. L’exposition « Your Top Is My Bottom », fait état d’un paradoxe, d’un retournement, d’un renversement. Elle retourne l’usage habituel de l’espace du Transpalette. La visite sera descendante. Le visiteur suivra le lapin d’Alice au fond du terrier. Dans cette exploration des profondeurs de l’inconscient, dans cette descente aux Enfers, on croisera certainement Orphée et Eurydice, mais aussi Oui-Oui, un écureuil ou une souris… Seront réunies œuvres sur papier, toiles libres et assemblages réalisés spécifiquement pour cette exposition.

Vitrine Peer Gallery, 2018 ©Jackson White

Essentiellement versatiles, les œuvres de Simon English sont mouvantes. Il s’y trouve quelque chose de la dynamique et de la logique du collage (jonctions-disjonctions), du cadavre exquis et des procédés d’écritures automatiques, quelque chose du travail de la condensation onirique, mais également des pratiques méditatives. Il y a du geste et de la Geste. Du fragment et de l’impermanence. Il dit “L’inconscient est ma matière” et cherche à se libérer de la narration consciente, a laisser émerger, apparaître. À faire confiance au flux.

Si cet œuvre est une exploration intime, il n’est pas clos pour autant et résonne des fracas du monde. L’extérieur s’y dépose par des paroles de chansons cheezy entendues à la radio, des notes griffonnées à la hâte, des numéros de téléphone, horaires de trains ou listes diverses. Des traces de vie, quoi. Le support est littéralement entrepris dans TOUS les sens au gré de la nécessité et des moyens économiques à disposition. Plus de haut ni de bas, d’envers ou d’endroit, de gauche ou de droite.

Dans l’atelier, coexistent différents pôles. L’atelier est un espace, en permanente redistribution. On y trouve des zones de travail (sur table ou au mur, parfois au sol), de tests, des zones de stockage, de séchage, des espaces de mise en attente, des bassins de décantation, de refroidissement, des surfaces…

La contrainte économique, au départ subie, devient chez Simon English, un moteur et une force de résistance. Faire avec la situation telle qu’elle est. À cet égard, il n’est certainement pas anodin que cet œuvre se développe en résistance dans l’épicentre du néolibéralisme galopant, opposant sa force d’inertie, son rythme, sa propre nécessité interne.

Simon English (1959) vit et travaille à Londres. Il a fait son apparition sur la scène artistique britannique dans les années 90 dans le sillage des YBA’s et de l’écurie Saatchi. Il a, depuis, pris ses distances avec le système de validation néolibéral du marché de l’art.

https://simonenglish.com


LES INAPPROPRIÉ.E.S

duo de disc-jockeys mixant sons et images, parfois accompagné.e.s de complices. En solo et en ping-pong, l’entité bicéphale foutraque propose un moment festif partagé.

Frank : Eclecto Pop

Véronique : Electro Swing Hip-Pop


Les deux acolytes se sont rencontré.e.s à Tours au début du 21e siècle et se sont alors associé.e.s pour organiser les soirées Pretext où se croisaient clubber.euse.s et créateurtrice-s de tous poils. Les Inapproprié.e.s (c’est leur nouveau nom de scène) vous entraîneront dans des rythmes endiablés (ou pas on verra bien…). Il.Elle.s se retrouvent autour des platines et autres disques durs pour des moments festifs et obsessionnels à deux ou quatre mains.

Infos pratiques :

Simon English

Your Top is my Bottom

du 14 février au 4 avril

Antre Peaux 24, 26 route de la chapelle, Bourges