Quentin Grosjean devant l’oeuvre de Von Wolfe, Maruani Mercier, Art Brussels 2026 photo MdF
Ayant piloté avec constance et cohérence la galerie Q/G à Bruxelles et à Knokke orientée vers l’art minimal et conceptuel, Quentin Grosjean se fixe un nouveau cap avec Maruani Mercier. Un retour aux sources peut-on dire car c’est dans cette enseigne qu’il a appris les rouages du métier. Même s’il regrette devoir tourner la plage de la G/G galerie, il se félicite de cette opportunité auprès de Serge Maruani et Laurent Mercier qui va lui permettre de développer notamment le second marché tout en apportant sa vision et son expertise. Quentin revient sur sa décision et nous décrit la proposition du stand de Maruani Mercier à l’occasion de cette 42ème édition d’Art Brusels. A noter que la galerie fait partie du focus intitulé « Not Everything Is For Sale » curaté par Bernard Marcelis et qui rend hommage à 15 galeristes belges autour d’une œuvre marquante dans leur parcours. Serge Maruani a choisi la toile « New Flooby Yellow » de Sue Williams qui s’inscrit dans un engagement féministe à partir d’un trait fluide et plein d’humour. Une œuvre qui explique les liens privilégiés de la galerie avec la peinture.
Marie de la Fresnaye. Qui est l’auteur de ce fascinant portrait ?
Quentin Grosjean. L’artiste américano-pakistanais Zaam Arif, âgé de seulement 27 ans, a déjà été exposé dans de nombreux lieux à travers le monde, notamment à New York, à The Night Gallery. Nous le présentons pour la première fois en Europe avec sa série intitulée I Saw Brief Glimpses of Beauty. Certaines œuvres sont réalisées sur toile, d’autres sur cuivre.
Il s’inspire notamment de films des années 1960 et 1970, dans lesquels il remplace parfois certains personnages par des visages familiers afin de construire son propre langage visuel. L’influence de ses parents, tous deux peintres, ainsi que de ses origines pakistanaises, occupe une place importante dans son travail, même si celui-ci s’enrichit également d’autres références dont l’Amérique et ses paysages.
Ses personnages apparaissent souvent comme plongés dans une profonde solitude.
Comment avez-vous organisé le stand ?
Le stand a été organisé en trois zones, autour d’artistes à la fois confirmés et émergents.
La première est consacrée au solo show de Zaam Arif. La deuxième réunit un ensemble autour de la figuration, envisagée à travers la géométrie, la spatialité et la couleur, avec trois artistes. On y trouve d’abord Jaclyn Conley, artiste américaine qui construit ses œuvres à partir d’archives et de références issues de l’histoire de l’art, qu’elle assemble en collages. Vient ensuite Von Wolf, artiste britannique basé à Londres, qui développe une peinture nourrie de l’histoire de la peinture ancienne tout en intégrant l’intelligence artificielle. Il a en effet conçu un système dans lequel il a intégré l’ensemble de sa production antérieure, et où l’IA lui propose différentes pistes pour ses œuvres futures ; il sélectionne ensuite parmi ces suggestions. Enfin, Kate Gottgens, artiste sud-africaine récemment exposée en solo show chez Goodman Gallery à Johannesburg, où son travail a rencontré un grand succès. Elle explore les thèmes de la mémoire et de l’identité.
Au sol, une pièce de Tony Martelli attire l’attention : une sculpture de brindilles moulées et réalisées en bronze, d’un réalisme saisissant. Elle constitue un avant-goût de l’exposition prévue en août à Knokke, où l’artiste présentera en solo, sur trois niveaux, de nouvelles pièces et séries, évoquant presque une forme de jungle.
La troisième zone est dédiée à la peinture abstraite américaine. On y retrouve Pam Glick, récemment entrée dans la galerie en septembre, dont le travail explore une composition abstraite plus libre et aléatoire. Ron Gorchov, figure majeure de la peinture américaine, disparu en 2020, est présenté à travers ses Stacked Paintings : des toiles aux formes concaves, convexes ou courbées, parfois superposées, qui donnent naissance à des structures sculpturales. Peter Halley, artiste emblématique de la galerie et associé au néo-géométrisme, est également exposé. Enfin, Paul Mogensen, artiste basé à New York, développe une œuvre très structurée et presque mathématique, centrée sur la répétition et la simplicité géométrique, à partir du carré devenu sa forme signature.
Comment avez-vous décidé cette nouvelle aventure, ce nouveau chapitre ?
Cela s’est décidé parce que j’étais arrivé à un certain point d’essoufflement, lié à la gestion de deux espaces, à la participation à de nombreuses foires et à la recherche constante d’idées, principalement sur le second marché, qui constituait le cœur de mon activité. À force de tout gérer, j’avais perdu de vue l’essentiel.
J’avais commencé ma carrière chez Maruani Mercier il y a plus de dix ans, avec même un premier stage à 16 ans. Le dialogue avec les fondateurs de la galerie autour de mon retour durait donc depuis déjà plusieurs années.
J’espère aujourd’hui pouvoir y apporter ma contribution, tout en renforçant la présence de la galerie à Bruxelles.
Qui a réalisé cette impressionnante sculpture en verre ?
Cette pièce en verre est signée Arne Quinze, dont nous présentons actuellement un solo show à la Galerie Bruxelles, dans notre espace de l’avenue Louise. Il s’agit de ses dernières œuvres en cristal de Murano, réalisées dans le cadre de sa collaboration avec le studio Berengo. L’artiste travaille lui-même à 1200 degrés afin de créer des sculptures aux formes souvent biomorphes, directement inspirées de la nature.
Son travail se situe toujours dans une tension entre fragilité et brutalité : des pièces issues d’un processus intensif et exigeant, mais qui donnent à voir des œuvres d’une grande délicatesse, presque immatérielles, centrées sur la beauté pure.
Arne Quinze revendique ainsi une volonté de s’éloigner d’une approche trop conceptuelle ou réflexive, pour revenir à une forme d’évidence esthétique et à la célébration de la beauté.
Vous qui défendez une ligne assez minimale et conceptuelle, comment est-ce que vous comptez la réinjecter ici ?
C’est précisément l’objectif de mon retour ici.
Par ailleurs, il est important aussi de savoir sortir de sa propre ligne. Cela ne m’empêche pas d’apprécier à la fois Francis Bacon et Monet. Le programme de la galerie est déjà construit à un horizon d’un an et demi, donc mon influence ne se fera pas immédiatement sentir.
J’ai également de nombreuses opportunités sur le second marché, qui a longtemps constitué le cœur de mon activité. Maruani Mercier participe à des foires comme l’Armory Show, Frieze Masters, la TEFAF, Art Basel Miami ou encore la BRAFA : autant de rendez-vous où je peux présenter des œuvres de second marché avec une véritable force de frappe commerciale.
Infos pratiques :
Art Brussels 2026
Jusqu’au 26 avril
Brussels Expo
Tarifs :
Standard 20 euros
Youth 10 euros
Actuellement à la galerie :
Arne Quinze
In the Crossfire: Brutal Harmony and the Fragility of Hope
En ville pendant la foire : galeries, expos…
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