Alexandre Hollan, Le chêne dansant 2024 courtesy de l’artiste, Galerie Laforest Divonne
La galerie Laforest Divonne participe pour la première fois à cette 34ème édition du Salon du dessin qui a démarré sous les meilleurs signaux malgré le contexte mondial tendu. La nouvelle présidence engagée par Florence Chibret-Plaussu (galerie La Présidence) et Hervé Aaron (Didier Aaron) incarne un changement dans la continuité tourné vers une nouvelle génération de collectionneurs. Des amateurs du monde entier étaient présents au vernissage dans une atmosphère dynamique autour de matérialités et supports étendus du medium. Jean de Malherbe, directeur de la galerie revient sur les raisons de ce choix après avoir privilégié la création contemporaine avec Drawing Now, le Salon du dessin 2026 marquant une ouverture vers les artistes actuels. L’accent est mis sur Alexandre Hollan et son projet poursuivi autour du vent et de la lumière dans la garrigue, à la limite de la vibration. jean a répondu à mes questions.
Quels sont les points forts du stand ?
Sur ce stand, trois artistes sont mis à l’honneur à travers autant de focus distincts. Le parcours débute avec Guy de Malherbe, dont le travail de dessinateur est ici particulièrement valorisé. Le public peut y découvrir une sélection de portraits et de paysages emblématiques, révélant toute la singularité de son univers graphique.
L’accent est toutefois largement porté sur Alexandre Hollan, véritable point d’ancrage de la présence de la galerie. Un vaste mur lui est consacré, réunissant une vingtaine d’œuvres. Artiste du papier, Hollan explore aussi bien le fusain que la peinture acrylique, déployant une palette remarquable au service d’une recherche plastique poursuivie depuis des décennies.
Son œuvre s’articule autour de deux motifs majeurs. D’un côté, les « Vies silencieuses », natures mortes réalisées dans le calme de son atelier parisien durant l’hiver. De l’autre, les arbres, qu’il observe et représente inlassablement dans la garrigue, près de sa maison dans le sud de la France. Ces arbres, toujours les mêmes, constituent pour lui une véritable porte d’entrée vers une perception sensible du monde.
Et la technique, est-ce de l’aquarelle ?
Quant à la technique, l’œuvre peut à première vue évoquer l’aquarelle. Il n’en est rien : Alexandre Hollan utilise en réalité de l’acrylique extrêmement diluée. Ses compositions reposent sur des lavis successifs, multipliant les couches superposées à la manière d’un glacis. Ce procédé confère aux œuvres une grande subtilité, notamment dans les transitions et les fondus entre les différentes plages de couleurs.
Présenté dans le parcours dédié aux nouveaux collectionneurs, l’artiste propose ici des pièces accessibles, dans une fourchette de prix allant de 2 000 à 6 500 euros.
Son travail est souvent décrit comme une rencontre entre Giorgio Morandi et Mark Rothko. On y retrouve d’un côté le silence et la présence presque méditative des objets, chers à Morandi, et de l’autre, la vibration chromatique et la profondeur des champs colorés qui évoquent Rothko.
Enfin, le stand se concentre à Vincent Bioulès, pilier de la galerie depuis de nombreuses années. Cofondateur du mouvement Support/Surface à la fin des années 1960, il y explore d’abord une abstraction radicale avant de s’en détacher pour jeter les bases d’un renouveau de la figuration.
Parmi ses œuvres présentées, un portrait au pastel illustre sa maîtrise du genre, tandis que ses paysages emblématiques occupent une place centrale. L’étang de l’Or, près de Montpellier, traverse toute sa carrière et constitue un véritable point de repère, tout comme le Puy de Saint-Loup, souvent comparé à la Sainte-Victoire pour les Montpelliérains.

Vincent Bioulès, L’étang de l’or, pastel et aquarelle sur papier, 57 x 76 cm, 2026
Quelles raisons vous ont conduit à cette première participation ?
C’est notre première participation au Salon du Dessin, après avoir participé régulièrement à Drawing Art. Nous avions envie de prendre un peu de recul, de faire un pas de côté. Avec la présence croissante d’artistes contemporains et modernes ici, il nous semblait naturel de présenter nos artistes dans le dialogue de l’histoire de l’art, en lien avec leurs aînés.
Pour moi, le Salon reste la référence mondiale du dessin et du travail sur papier. L’atmosphère y est exceptionnelle : dès le vernissage, j’ai senti un public de grande qualité, avec des visiteurs allemands, français, américains… Une présence internationale vraiment stimulante.
Quelles sont vos prochaines participations à des foires ?
Ce mois-ci, nous avons trois participations prévues. Nous sommes actuellement au Salon du Dessin, puis nous serons à Art Paris dans dix jours, et enfin à Art Bruxelles à la fin du mois d’avril.
A Art Paris qu’allez-vous présenter ?
Pour Art Paris, nous présenterons à nouveau Alexandre Hollan et Guy de Malherbe, ainsi que Jeff Kowatch, un peintre abstrait américain installé en Belgique, dont le travail est particulièrement impressionnant. L’artiste française établie à Bruxelles, Rachel Labastie fait partie du parcours « La réparation », conçu Alexia Fabre. Elle y exposera de magnifiques œuvres explorant ce thème, certaines en verre, d’autres en argile crue ou en terre cuite.
Infos pratiques :
Salon du dessin
Du 25 au 30 mars
Palais Brongniart
XIXe Rencontres Scientifiques du Salon du dessin
Semaine du dessin







