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« Resonating Ceramics », Villa Arson : Interview de Frédéric Bauchet et Ondine Bréaud-Holland, les professeurs moteurs du programme

Resonating Ceramics photo JC Lett Villa Arson

Après Genève à la HEAD, c’est à Nice à la Villa Arson que la 2ème restitution des recherches menées par les étudiants des écoles partenaires du réseau ECART : European Ceramic Art & Research Team, (avec le soutien de la Commission européenne), se déroule autour des liens entre la céramique, le son et le rituel, à l’invitation d’Eric Mangion, directeur artistique pour 2 mois encore (cf interview). Avec comme particularité d’investir également les extérieurs de l’emblématique Villa, les binômes livrent leurs expérimentations dont certaines activées par des performances lors du vernissage. Ainsi des « Time Capsules » d’Eva Filipczak et Arielle Tarzia ou « après le bal, la fortune de l’interdiction ! » de Moacir Ferreira et Sebastiàn Dàvila, sans doute la proposition la plus aboutie du panorama en terme de réponse au lieu, à son architecture et paysage environnant.

Frédéric Bauchet et Ondine Bréaud-Holland, professeurs à Nice et Monaco, ont répondu à mes questions.

Quelle est la genèse du projet et son contexte ?

Frédéric Bauchet. ECART existe depuis 2009. Le réseau réunit 5 écoles supérieures d’art fondatrices et pour cette édition, un centre d’excellence: Ecole supérieure des arts visuels (ENSAV) – La Cambre, la Haute Ecole d’art et de design (HEAD) Genève, l’Ecole Supérieure d’Arts Plastiques de la Ville de Monaco : Pavillon Bosio, l’ENSA Villa Arson, l’ENSAV Limoges et l’European Ceramic Workcenter d’Oisterwijk aux Pays Bas (EKWC).

Le constat de départ était que la céramique avait beaucoup perdu d’attrait dans les écoles d’art dans les années 1980-90 alors que dans les années 2000 nous avons assisté à une véritable résurgence avec un fort engouement des plasticiens pour ce medium qui présente beaucoup d’avantages notamment en terme de diffusion et de marché.

Au fil de nos rencontres et échanges théoriques et pratiques, nous avons imaginé une sorte d’atelier idéal, chaque école ayant ses spécificités, ses techniques et ses finalités. Nous en sommes à la 5ème occurrence.

Quels étaient les attendus du projet ?

Ondine Bréaud-Holland. Le programme

doit se dérouler sur 24 mois avec un certain nombre de prérequis en ce qui concerne l’innovation, la recherche…avec des rapports intermédiaires imposés, tout un suivi jusqu’à l’obligation de mise en valeur du projet que ce soit en terme d’accueil d’un public pour montrer le résultat final, que de publication comprenant un catalogue, des textes théoriques et critique..une production intellectuelle qui retracera l’ensemble du processus.

Le déroulé du projet

FB. Nous sommes restés sur la trame des précédentes éditions avec un séminaire à Bruxelles accompagné d’un workshop, un voyage d’étude à Paris, une mise en production à l’EKWC et une première exposition à Genève à la HEAD. Après ce temps à la Villa Arson, la clôture du projet se fera à la Cambre (avec la sortie du catalogue retraçant l’ensemble du programme) avec les experts européens, les directeurs des écoles d’art et les professeurs. C’est, entre autres, là que la production intellectuelle sera présentée

Quel budget ?

Le budget est conséquent. C’est grâce à lui que tant d’activités et d’événements ont été possibles, que des experts de la céramique, du rituel et du son ont pu être sollicités ou, pour prendre un autre exemple, que les pièces ont pu « voyager » de l’EKWC à Genève puis de Genève à Nice 

Si le projet a séduit dès le départ par son ambition, nous étions conscients de la chance que représentait l’obtention d’un partenariat stratégique européen dès la première tentative, en maintenant un niveau d’exigence élevé.

En termes de faisabilité, il est possible de partir d’une certaine thématique pour aller chercher des partenaires ou vice et versa. Le tout premier programme Dis-moi ce que tu manges a été réalisé à partir des fonds propres des écoles pour un résultat tout à fait satisfaisant.

Sélection des binômes et pourquoi ce principe ?

OBH. Le principe des binômes inter-écoles n’était pas une évidence même s’il permet aux étudiants de se préparer aux réalités économiques qui les attendant à la sortie de l’école, les ateliers partagés étant une solution économique qui a ses avantages. Il a permis un travail à « quatre mains » qui a ouvert de nouvelles perspectives pour plusieurs étudiants.

Chaque école a procédé à sa propre sélection, sachant que les critères étaient avant tout de fortes personnalités ayant si possible des compétences dans le domaine de la céramique, le son ou la performance. Cela pouvait varier selon les écoles comme au Pavillon Bosio où un étudiant sur deux pratique la céramique sous forme d’option.

Quelles spécificités de cette édition ?

FB. Le croisement entre son céramique et rituel est une nouveauté, de même que le format du binôme.

En terme de mise en espace, à Genève l’ensemble des œuvres était montré dans un white cube classique alors qu’ici Eric Mangion a proposé d’investir également les terrasses extérieures, une option suivie ou non par les étudiants. Certaines œuvres pour des raisons techniques et esthétiques ne pouvaient fonctionner qu’à l’intérieur.

De plus, pour la première fois nous n’avons pas sollicité un designer ou scénographe extérieur, étant donné le nombre de paramètres déjà engagés.

L’une des œuvres qui se détache du parcours est l’installation de Moacir Ferreira et Sebastiàn Dàvila

Le choix de l’espace s’est fait dès la première visite et sans hésitation. La performance concentrait tous les enjeux de l’installation avec la chorégraphie de Moacir, une bande son, le tout à la tombée du jour sa silhouette se détachant le long des murs.

Quel accompagnement du public ?

FB. Les médiateurs ont été formé à la présentation de l’exposition retraçant le cheminement de la recherche de chaque binôme et à la maintenance des oeuvres.

Et la suite ?

OBH. Avant de penser le programme suivant, il est nécessaire de se donner un temps de réflexion et de retour d’expérience.

Infos pratiques :

Resonating Ceramics

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