Accueil A LA UNE Interview Rodolphe Janssen : Art Basel Miami Beach, Art Antwerp…

Interview Rodolphe Janssen : Art Basel Miami Beach, Art Antwerp…

Rodolphe Jansssen, Art Basel Miami Beach 2021, stand avec Emily Mae Smith, Sanam Khatibi and Genesis Belanger

J’avais interviewé Rodolphe Janssen à l’occasion de la remarquable exposition Jacqueline de Jong au WIELS alors que se préparait Art Brussels Week dont il est l’un des instigateurs actifs. De retour d’Art Basel Miami où la galerie a rencontré un vif succès, cap à présent sur Art Antwerp qui vient d’être confirmée par sa directrice (relire mon interview). Une nouvelle foire très attendue après des mois de disette, centrée sur la Belgique et les pays limitrophes dont il nous décrypte les enjeux comme membre du comité de sélection, en résonance avec la vitalité de la scène anversoise. L’objectif est de montrer le meilleur de la scène belge qu’il défend sans relâche. Rodolphe Janssen a également plusieurs projets avec des institutions majeures comme le Grand Hornu qui expose actuellement le peintre Léon Wuidar ou le KIOSK à Gand et l’artiste Lisa Vlaemminck pour 2022.

Il a répondu à mes questions avec l’exigence et la passion qu’on lui connait.

Quel bilan faites-vous d’Art Basel Miami ?

Il faut savoir que la Floride reste peu touchée par le COVID donc l’ambiance générale était beaucoup plus détendue même si les règles sanitaires restent en vigueur. Les collectionneurs étaient très présents et le marché très actif. Bien que le public ne soit pas aussi nombreux que lors des éditions précédent le Covid, certaines personnes ne voyageant pas, il y avait quand même des acheteurs très motivés. Nous avions volontairement limité le stand à une vingtaine d’œuvres dont nous avons vendu 90%, ce qui est très satisfaisant.  

Rodolphe Jansssen, Art Basel Miami Beach 2021, stand avec Dan McCarthy, Patrizio Di Massimo et Sean Landers

Quelles nationalités était-elles présentes ?

Il y avait une majorité d’américains, peu d’européens même si ceux qui étaient présents venaient avec des intentions précises. Pour donner un aperçu, nous avons vendu à des italiens, des danois, des chinois et des anglais.

Malgré cela, il convient de relativiser car les ventes d’une foire ne se réalisant plus uniquement sur le stand. Cela passe aussi via les réseaux sociaux avant ou pendant la foire.

Art Antwerp est maintenue contrairement à la Brafa, pourquoi/comment ?

Il n’y a pas de restriction de la part du gouvernement sur les foires mises à part le port du masque et la présentation du Covid safe ticket. Les foires comme Art Antwerp sont classées au même niveau que les centres commerciaux et supermarchés.

En ce qui concerne le report de la Brafa, la décision d’annuler a été prise au moment du pic de la crise et la Brafa, contrairement à Art Antwerp n’est pas propriétaire des lieux et n’a pas la même surface financière que le groupe Artexis qui était déjà très engagé. A partir du moment où le décret gouvernemental l’autorise il n’avait pas donc pas de raisons de reporter. Comme un peu partout en Europe, les habitudes sont désormais prises autour du pass sanitaire ou du masque que l’on soit dans une foire ou un centre commercial. J’ai pu le constater à Miami.

Art Antwerp représente une grande attente car nous n’avons pas eu d’autres foires en Belgique depuis la dernière édition de la Brafa. De plus si beaucoup de belges se sont déplacés à la FIAC à Frieze ou à Bale, d’autres ont restreint leurs voyages. C’est aussi la première fois qu’une grande foire de qualité se tient en Flandres depuis longtemps. Il y aura certainement enfin un soutien de la part des collectionneurs flamands pour une foire dans leur région.

Tom POELMANS, THE GATHERING, 2021 courtesy the artist, Rodolphe Janssen / Art Antwerp

Comment a procédé le comité de sélection ?

Pour Art Anvers nous avons procédé sur invitation et établi une liste de galeries belges et pays limitrophes avant de les contacter il y a plus d’un an. Parmi celles qui avaient répondu positivement pour 2020, elles ont majoritairement confirmé.

En ce qui concerne Art Brussels la sélection se fait sur dossier en fonction de la réputation de la galerie, du projet et sa cohérence vis-à-vis du positionnement visé.

Quels pays seront-ils majoritairement représentés ?

Les galeries viennent pour la plupart du Bénélux et de la Belgique néerlandophone. Les galeries américaines participantes ont des antennes en Belgique.

Nous avons cherché à donner une place importante aux galeries anversoises et néerlandophones, ce qui semble naturel étant donné la vitalité de cette scène qui a pris une place importante depuis 10 ans. L’objectif général est d’offrir un panel de ce qui existe de mieux en Belgique.

Léon Wuidar, La peinture au quotidien, 2001-2021 rodolphe janssen courtesy the artist photo L.Wui

Quels artistes allez-vous proposer à cette occasion ?

Au-delà de la sélection prévue pour Miami et la Brafa, nous allons montrer beaucoup d’artistes belges ou résidant en Belgique tels que Thomas Lerooy, Kendell Geers, Lisa Vlaemminck, Tom Poelmans, Marcel Berlanger, certains avec lesquels nous développons des projets institutionnels. Nous allons montrer également un tableau de Léon Wuidar actuellement exposé à la galerie et au Grand Hornu. Nous allons montrer une nouvelle toile des frères Tobias que nous avions au départ réservée pour la Brafa. En ce qui concerne Lisa Vlaemminck qui va avoir une importante exposition dans le centre d’art Kiosk à Gand, c’est la première fois qu’elle livre un tableau si grand. Nous proposerons aussi une sélection d’œuvres sur papier de Betty Tompkins que nous avions envie de mettre en avant car son exposition à la galerie n’a pas assez trouvé son public pendant les périodes de confinement. Quant à l’importante sculpture de Thomas Lerooy elle n’avait été montrée qu’une seule fois à la Fiac en 2007.

Léon Wuidar, La peinture au quotidien, 2001-2021 rodolphe janssen courtesy the artist photo L.Wui

Retour sur la genèse de la rétrospective Léon Wuidar au Grand-Hornu 

Cela remonte à l’invitation de Denis Gielen directeur du centre d’art, suite à notre échange à l’occasion d’Art Brussels 2019 où je présentais une importante série de tableaux de l’artiste. Il m’avait alors fait part de son intérêt pour l’artiste ce que je ne savais pas même s’il était venu aux expositions précédentes à la galerie. Nous sommes allés voir l’artiste à son atelier et il y a eu une sorte d’alchimie immédiate entre eux autour d’artistes et d’inspirations réciproques.  La rétrospective vise à montrer la diversité de son travail avec un focus sur les années 1960, 70 et 80 et comment cet homme décide de prendre sa retraite pour se consacrer quotidiennement à la peinture après avoir enseigné pendant 40 ans le dessin. Je voulais insister sur la liberté et la fraicheur qui l’animent alors qu’il est souvent perçu comme un peu rigide et austère, enfermé dans une abstraction géométrique classique alors qu’il est plutôt inscrit dans un art concret connecté à la vie, l’invention, l’humour et la digression.  Les deux expositions, même si le Grand Hornu est plus lointain d’accès, remportent un vrai succès, notamment auprès de jeunes artistes.

Quels sont vos prochains projets institutionnels ?

A Gand le centre d’art KIOSK actuellement dirigé par Simon Delobel, très reconnu et véritablement prescripteur, va accueillir une exposition de Lisa Vlaemminck en septembre 2022.

Sanam Khatibi participe à une exposition collective au Centraal Museum d’Utrecht curatée par Katarina Gregos et prochainement à une exposition sur le paradis à l’occasion des 150 ans de la naissance de Mondrian à Amersfoort, sa ville natale. Nous avons d’autres projets avec des institutions que je ne peux encore dévoiler.

Vos participations aux foires

Nous allons participer au printemps 2022 à Art Paris et Art Brussels, à l’Armory Show en septembre. Nous attendons de connaitre la décision de la Brafa pour un autre positionnement éventuel et ferons Basel Miami, si tout va bien d’ici là !

Infos pratiques :

ART ANTWERP

du 16 au 19 décembre

Réserver en ligne :

https://www.art-antwerp.com/

à la galerie :

Léon Wuidar

La peinture au quotidien, 2001-2021

jusqu’au 18 décembre 2021

Livourne 35, Bruxelles

Léon Wuidar, 

À perte de vue 

MAC’s Grand-Hornu, Belgique

Organiser votre venue :

visit.brussels | Visit Brussels

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