Art-o-rama 2021, une 15ème édition exceptionnelle !

Vue d’exposition, galerie Catinca Tabacaru, courtesy Art-o-rama 2021, ©Margot Montigny

Avec des galeries qui viennent de Moscou, Lisbonne, Munich, Bucarest, Cologne, Vienne, Londres.. Art-o-rama a réussi le pari de l’international en cette période de crise et d’incertitudes. D’autant que les propositions : solo show ou dialogues sont excellentes et ouvrent grand les horizons ! Un véritable appel d’air après des mois de confinement. Un rendez-vous de pré-rentrée qui prend valeur de baromètre pour le calendrier des grandes foires à venir. Jérome Pantalacci et Véronique Collard-Bovy peuvent se féliciter d’avoir maintenu le cap d’une édition physique, tout en proposant en parallèle la plateforme en ligne : Salon immatériel. De quoi redonner des couleurs au marché et aux artistes, les fers de lance de l’écosystème marseillais. Ils sont nombreux en cette soirée de vernissage où de plus, sont prononcés différents prix. J’ai pu interviewer d’ailleurs la collectionneuse Sveva Taurisano qui va remettre pour la première fois le prix de la Collection Taurisano (Naples, Italie).Les collectionneurs sont également très présents et plusieurs me confient avoir fait des acquisitions. Leurs échos sont unanimes.


Quelques coups de coeur, même s’il est difficile de circonscrire.


Nor Altman, Munich : Ndayé Kouagou 

Performeur autodidacte qui part du langage l’artiste français articule ses recherches autour de 3 questions : légitimité, liberté et amour. Et même si les réponses apportent d’autres questionnements l’important est d’amorcer un dialogue, une réflexion.

Rachel Monosov Catinca Tabaracu gallery


Catinca Tabaracu, Bucarest : Rachel Monosov
A partir de son vécu et exil vers Israël avec sa famille, l’artiste russe mêle nostalgie et récit futuriste autour de la course à l’espace dans les années 1960. Une ancienne poignée de porte de l’ère communiste Roumaine et autres artefacts retracent la mémoire ensevelie et parcellaire de ce récit dystopique.

Vue d’exposition, galerie Catinca Tabacaru, courtesy Art-o-rama 2021, ©Margot Montigny


Nendo Marseille : Julia Borderie & Eloise Le Gallo

Le journaliste Frédéric Bonnet a décidé d’ouvrir une galerie à Marseile et commence par le duo Borderie Le Gallo. Je les avais rencontrées chez Poush Manifesto et à l’occasion de leur exposition au Cac d’Alfortville. Leurs céramiques réalisées dans la région du désert marocain associent traditions vernaculaires et approche documentaire.

Rodriguez gallery, Poznan : Sreshta Rit Premnath

Né en 1979, Bangalore, India, vivant à Brooklyn, NY l’artiste pluridisciplinaire, fondateur de Shifter mène une réflexion sur l’invisibilité dans l’espace public de l’expérience migratoire et la perception du corps soumis à la contrainte. Un stand d’une grande cohérence qui méritait selon moi un prix.

Sreshta Rit Premnath, Rodriguez gallery


Nicoletti, Londres : Joséfa Ntjam 

Exposée au Palais de Tokyo et au Frac Méca, l’artiste puise dans des mythologies autour de l’eau pour activer les mémoires politiques sous le prisme de la décolonisation. Des rituels magiques au service d’une pensée activiste.

María María Acha-Kutscher Perseverance croutesy the artist ADN Galeria

ADN Galeria, Barcelona : María María Acha-Kutscher

Artiste féministe comme elle se définit, la péruvienne María María Acha-Kutscher mène plusieurs recherches autour de la représentation des femmes dans l’espace public. Des enquêtes historiques sur ces indignées (titre série) qu’elle capture et magnifie ici par le biais de la photographie et non de l’illustration comme à son habitude. Un stand 100% féminin !


Bosse & Baum, Londres : Bea Bonafini

Le recours à l’artisanat à partir de collages se veut la résistance à nos univers technologiques. Dans une esthétique de la fragmentation elle choisit le liège principalement utilisé en décoration intérieure. Une approche mixte de la peinture au-delà des catégories en vigueur. Prix Pebeo 2021

Bea Bonafini Bosse & Baum gallery, Prix Pébéo 2021 Art o rama


Exo Exo Paris : Gaspar Willmann. L’un des stands les plus marquants avec son mur découpé et sa fenêtre à la Duchamp qui nous incite à devenir voyeurs. Dans ce décor faussement banal les ordures sont planquées sous les tapis, ce qui en dit long sur nos habitudes. L’artiste a de plus installé des grandes vanités dans une tradition flamande qui détourne les codes. Prix Roger Pailhas

Suprainfinit, Bucarest : Kristin Wenzel

Les céramiques de cette artiste vénéneuses et luxuriantes inspirées des orchidées sont tout à fait singulières. “Flesh dance” titre de l’ensemble est un hymne à la chair, à l’exotisme dans ce qu’il a de plus troublant.

Sans titre, Paris : Jessy Razafimandimby A partir de collages, dessins et objets collectés l’artiste malgache, peintre et performeur interroge les conventions sociales dans une relecture des arts décoratifs.


The Film Gallery, Paris

Aux origines du cinéma. A la façon d’un cabinet de curiosités, Silvi Simon manipule les écrans à laide de pop corne, Marie Losier rejoue le théâtre des ombres et Francois Delagnes sculpte la matière même du film.


31 Project : Marie-Claire Messouma Manlanbien. Exposée à l’Orangerie du Jardin du Luxembourg cette artiste s’intéresse au métissage, aux liens pluriels, aux contes et légendes à partir de performances, d’installations, de tissages. Des entrelacs multiples pour une géographie de l’intime contrastée. 


Double V, Marseille : Alice Guittard

Première participation du marseillais et désormais parisien d’adoption Nicolas Veidig autour des œuvres d’Alice Guittard à partir du marbre qu’elle détoure pour la première fois. Un challenge doublé d’une grande poésie.


Lors de votre visite à la Friche ne manquez pas Stirring the Pot, l’exposition d’Emeka Ogboh orchestrée par Fraeme, accompagnée d’une mémorable performance culinaire sur le toit terrasse de la Friche. Le cocktail gagnant Art-o-rama repose sur l’impulsion donnée à tout un écosystème très actif avec deux autres foires : Paréidolie dédiée au dessin et Polyptyque autour de la photographie sur laquelle je reviendrai. Les structures du réseau PAC, printemps art contemporain étaient de concert en ce week-end de rentrée avec une nocturne très suivie. Les musées de la ville sous la direction de Xavier Rey récemment nommé à la tête du Centre Pompidou, proposent également des remarquables expositions comme le Surréalisme américain à la Vieille Charité et Jawlensky au Musée Cantini.

On peut aussi filer au bord des calanques à la Cabane Georgina aux Goudes pour retrouver la sélection Jeune création par Jérémy Chabaud (interview à suivre). C’est un peu la magie de Marseille…Enfin, des partenariats avec des institutions majeures comme la Luma fondation, le MoCo, la Villa Noailles ou la Fondation Carmignac élargissent les possibles et incarnent ce rayonnement du désormais réseau Plein Sud.

Infos pratiques :


Art-o-rama
Du 27 au 29 août
Prolongation des expositions jusqu’au 12 septembre 
Friche La Belle de mai
www.art-o-rama.fr

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