Paris Art Week 2026 : J1 sous haute tension !

Double Space, Huang Hai Hsin, Power of Beauty 2, 2025 courtesy the artist

Dans un Paris sous tension sociale maximale, la semaine de l’art s’annonce de haute volée malgré les scènes de violence qui ont émaillé tout le week-end. Quel sera l’état d’esprit des collectionneurs ? C’est l’une des questions qui se pose alors que les galeries déploient des efforts sans précédent dans un contexte économique déjà compliqué. Restons positifs après une première journée qui aide à retrouver de bonnes ondes ! 

  • Offscreen, une 5ème édition qui marque un cap !

La foire résolument internationale, réunit 29 artistes dont 25 hors de notre territoire. Julien Frydman affirme un positionnement d’une grande cohérence dans ce panorama. La pionnière Ana Mendieta (1948-1985), est l’invitée d’honneur, avec une exceptionnelle installation au chœur de la Chapelle, proposée par la galerie Marian Goodman Gallery (New York, Paris), alors que l’artiste bénéficie d’une rétrospective exceptionnelle à la Tate Modern, (Londres).

Parmi les incontournables, Avec Geomania (1986), Steina Vasulka (BERG Contemporary) donne à découvrir une œuvre majeure de l’histoire de l’art vidéo, présentée ici dans son format le plus ambitieux : 21 moniteurs assemblés selon une structure en forme de ziggourat. Cofondatrice avec Woody Vasulka de The Kitchen, centre new-yorkais dédié à l’art expérimental et à l’avant-garde, en 1971, l’artiste fait également l’objet d’une importante rétrospective au Haus der Kunst, à Munich, après une première présentation au MIT List Visual Arts Center.

Avec CARRARA (2010), installation vidéo accompagnée de la série photographique Carrara Cuts, pages (2011/2026), Aglaia Konrad (Nadja Vilenne) fait dialoguer une pratique nourrie par l’architecture avec la matérialité de la Chapelle. Réalisées dans les célèbres carrières de marbre de Carrare, ces œuvres interrogent le regard porté sur les espaces, les matières et leur représentation.

Les portraits monumentaux GRAIN (1993) de Ken Ohara (La Patinoire Royale Bach) se déploient en 81 tirages issus d’agrandissements des négatifs de ONE, sa série emblématique de portraits réalisée dans les années 1970.

Dans les magasins, nouvel espace ouvert pour la première fois en 2025, l’artiste américaine Andrea Geyer (Zander Galerie) présente une nouvelle version de Feeding the Ghosts (2019), conçue spécifiquement. Dans ce décor presque en ruine, au beau milieu des archives de l’hôpital, les projecteurs de diapositives vintage, bibliothèque de livres et composition sonore prennent une texture particulière.

Pour faire la transition avec l’une des exceptionnelles expositions de la semaine à la Fondation Cartier soulignons l’installation de l’artiste ghanéen Ibrahim Mahama (APALAZZOGALLERY). 

  • Ibrahim Mahama à la Fondation Cartier « Le temps des récoltes » 

Dès la façade de la Fondation Cartier les gigantesques sacs en toile de jute signalent l’engagement de l’artiste autour de sujets tels que la mondialisation ou la spoliation des ressources africaines. Le public avait découvert cette création à l’occasion de la Biennale de Venise en 2015. De plus l’artiste est connu pour ses projets communautaires au Ghana, c’est pourquoi il a souhaité inviter 9 artistes à l’occasion de son exposition en France : James Barnor, Dorothy Akpene Amenuke, Gideon Appah, le Cercle d’Art des Travailleurs de Plantation Congolaise (CATPC), Courage Dzidula Kpodo, Zohra Opoku, Postbox Ghana, Tjaša Rener et Feda Wardak.

Parmi les installations emblématiques Parliament of Ghosts recréé une assemblée parlementaire à partir de sièges traditionnels en bois ashantis sur lesquels les visiteurs peuvent prendre place. La collaboration avec le photographe James Barnor est l’un des points forts de l’exposition à partir du Ever Young Studio, célèbre studio mis en place par James Barnor à Accra en 1953, revisité à partir de l’une des caméras Polaroid 20×24 avec les mêmes décors des années 1950 à Tamale. 

En parallèle, le travail de portraitiste de mode de James Barnor fait également l’objet d’un parcours hors les murs, Le Style dans le viseur, déployé dans les alcôves de la galerie Valois au métro Palais-Royal en partenariat avec la RATP).

  • Asia Now 2026 et les Asies globales 

« Sentimental Value » est la thématique générale et le fil rouge de l’expositon centrale de cette édition autour la circulation des ressources et de l’écologie de l’attachement au-delà de la valeur marchande. La commissaire est Radhika Kim (conservatrice indépendante basée à Paris et Séoul).

The Third Space, investit les cours extérieures et les zones de transition. La commissaire est Valentina Rosas Saad. L’objectif est de créer un tiers-lieu où se croisent l’histoire coloniale de la fabrication de la monnaie et les récits de la diaspora asiatique globale, à travers des sculptures monumentales et des installations éphémères.

Focus : Biennale de Jogja (Indonésie)

Intitulé « Post-colonial Intersections », ce projet propose une relecture des relations historiques, politiques et artistiques au sein des pays du Sud global.

Nouveauté : la foire lance New Voices, programme dédié aux collectifs émergents des Asies globales. 

Le projet textile du « Kalhath Institute » (Inde)

Le projet met en avant des collaborations exceptionnelles entre artistes contemporains et artisans de la broderie de Lucknow.

Parmi les galeries européennes citons :

  • Esther Schipper (Berlin, Paris, Séoul) avec notamment Prabavathi Meppayil
  • Galerie Tamenaga (Paris, Tokyo, Osaka) 
  • Sabrina Amrani (Madrid) 
  • Dominique Fiat (Paris) 
  • HdM (Pékin, Londres) 

Galeries asiatiques :

Kaikai KiKi Gallery, fondée par l’artiste superstar Takashi Murakami.

Double Square Gallery (Taïwan), The Black Room dont c’est la première participation, Ver gallery (Thaïlande), the Columns Gallery (Singapour).

  • Paris International, 12ème édition 

Nouveau lieu, Quai de Valmy dans un bâtiment brut de 3 500 m². La scénographie a été confiée au cabinet d’architectes suisses Christ & Gantenbein et l’on peut dire que c’est plus réussi que l’année dernière, chaque galerie ayant son univers bien défini. Quelques 56 galeries issues de 19 pays sont réunies dont 16 nouveaux participants.

Focus Next Korea : Second Nature

Un projet spécial met en avant 7 galeries émergentes de Séoul à travers une exposition collective de 16 artistes coréens explorant les rituels et les formes spéculatives : A-Lounge, Chosun Art Gallery, Drawings, Espace Choi, Gallery SP, Nook Gallery et ThisWeekendRoom.

Parmi les galeries incontournables citons : Ciaccia Levi (Paris/Milan), Gregor Staiger(Zurich/Milan), Piktogram (Varsovie), PEANA (Mexico), House of Gaga (Barcelone). 

  • MaSH : la déception

Pour finir cette journée, MaSH Matignon, Saint-Honoré en nocturne

Malgré une affiche alléchante, – 38 galeries d’art et de design- la formule attirant de très nombreux visiteurs empêche d’en profiter pleinement. Il faut attendre devant certaines galeries. Quelques temps forts :

Hélène Bailly Marcilhac 

L’inauguration d’un nouvel espace (au 71 rue du Faubourg Saint-Honoré) avec l’exposition All Eyes on You en collaboration avec le couturier Alexis Mabille.

Gagosian 

Une exposition consacrée à l’artiste expressionniste abstraite américaine Lee Krasner.

Galerie Mennour

Inauguration d’un nouvel espace au 26 avenue Matignon avec l’exposition « L’insaisissable nature du réel » sous le commissariat de Christian Alandete mêlant art moderne et contemporain. 

En préambule, Art Basel Paris, programme public : Tracey Emin se masturbe place du Trocadéro !

A rebours des statues environnantes très masculines, Tracey Emin affirme le gigantisme du female gaze avec ces 3 corps convulsés ou en position relâchée, se masturbant. 

On retrouve du glamour avec Philippine Leroy Beaulieu à la manœuvre avec Oh La La ! qui nous partage ses coups de cœur parisiens en attendant le Grand Palais. 

Infos pratiques :

OFFSCREEN

Fondation Cartier : Ibrahim Mahama

ASIA NOW

Paris Internationale

MaSH