Brafa 2026 : Coups de cœur/ Best booths

Vue du stand TEMPLON, Brafa 2026 photo Isabelle Arthuis

Alors que les débuts de cette 71ème édition de la Brafa se révèlent très prometteurs avec de nombreuses ventes réalisées parmi les 147 exposants dans le créneau des journées exclusives VIP, petit florilège de stands incontournables. Une sélection volontairement transhistorique et décloisonnée, selon l’approche unique de cet évènement à traille humaine qui fait de plus en plus ombrage à Maastricht. Tous les ingrédients sont réunis pour faire d’une visite à la Brafa un véritable voyage, loin des turpitudes du monde, dans une atmosphère feutrée et raffinée qui se prolonge dans la capitale belge à travers une programmation de haut vol. L’offre élargie de restauration dans un hall dédié contribue grandement à la convivialité de l’ensemble. Quand le savoir-vivre et l’hospitalité se conjuguent à la beauté…

Vue générale Brafa 2026 photo Olivier Pirard

TEMPLON Paris-Bruxelles-New York : Que veux-tu dire, mon bel ami ? 

La galerie TEMPLON s’est implantée à Bruxelles dès 2013 dans l’élégant quartier Saint-Gilles, stratégiquement proche de plusieurs de ses confrères. C’est sa deuxième participation à la Brafa avec de nombreux artistes (trop peut-être ?) : Omar Ba, Philippe Cognée, Alioune Diagne, Hervé Di Rosa, Prune Nourry, Martial Raysse, Antoine Roegiers, Matthieu Ronsse, François Rouan, Chiharu Shiota, Jan Van Imschoot, Kehinde Wiley. Parmi cette sélection je remarque deux toiles de Martial Raysse dont l’une dans l’esprit flamand. 

Avec ce titre, teinté d’ironie, « Que veux-tu dire mon bel ami ? » Martial Raysse semble inviter cet inconnu à nous dévoiler ses réflexions, peut-être consignées dans le carnet qu’il tient fermement de la main gauche.

Ce portrait reprend les codes de la nature morte : la pomme, symbole de la connaissance est maintenue en équilibre sur son index, la mouche renvoie à la finitude humaine. Vanité…

L’androgynie du personnage est soulignée par son visage maquillé dans une posture quasi sculpturale qui rejoint l’art du portrait européen mais avec un twist. Le paysage en arrière-plan est un clin d’œil aux riches tentures des intérieurs flamands. 

https://www.brafa.art/fr/exhibitor-detail/692/templon

Martial Raysse, Que veux-tu dire mon bel ami ? (2017) 

Courtesy of the artist and Templon, Paris – Brussels – New York Photo  Laurent Edeline

Haesaerts-Le Grelle Galerie, Bruxelles : Gustave Serrurier-Bovy 

Première participation à la Brafa pour la galerie bruxelloise qui met en avant l’architecte liégeois, représentant de l’art nouveau belge, actuellement redécouvert. S’il n’est pas aussi connu que Victor Horta, il participe au salon de la Libre Esthétique et annonce l’art déco dans un esprit architectural pionnier. C’est avec sa femme Marie Bovy qu’il fonde la firme Serrurier-Bovy en 1884. Sur le stand (solo show) l’on remarque une armoire Silex en provenance de la demeure du couple, la villa de l’Aube sur la colline de Cointe (Liège), un porte-manteau en fer, laiton ou encore un lustre carré en laiton, cuivre avec jupon de soie. Un moment incontournable de cette édition !

https://www.brafa.art/fr/exhibitor-detail/702/galerie-haesaerts-le-grelle

 Galerie Haesaert-Le Grelle © Luk Vander Plaetse

Galerie Christophe Gaillard, Paris-Bruxelles

Autre français convaincu par la longue tradition des collectionneurs belges et leur engagement et qui a fait le choix audacieux du quartier du futur KANAL : Christophe Gaillard.  C’est la 3ème participation de la galerie à la BRAFA à l’initiative de Sophie Roose, directrice à Bruxelles. 

La sélection s’est faite autour d’un dialogue entre une sélection de pièces de seconds marché (Arman, Eugène Dodeigne, Eugène Leroy, Bram Bogart, Bram Van Velde, etc.) et d’œuvres récentes d’artistes de la galerie comme celles d’Hélène Delprat ou Stéphane Couturier. A cette occasion la galerie annonce la nouvelle représentation de l’artiste hollandais Folkert de Jong et du français Pascal Convert, avec ses œuvres : Cristallisation et Le sang de Chrétien #1.

D’autres artistes prenaient à la programmation prochaine de la galerie de Bruxelles, le jeune artiste Leo Orta, et l’œuvre de Eugen Gabritschevsky, représentant de l’art brut.

Enfin, sont exposées des pièces importantes d’artistes dont l’estate est représenté par la galerie comme Ceija Stojka ou Georges Noël.

Rescapée des camps, l’artiste autrichienne d’origine rom Ceija Stojka a été découverte en France par Antoine de Galbert qui l’expose à la Maison Rouge dès 2018. Figure majeure du génocide Rom-Sintis la peintre et poétesse son parcours autodidacte est parsemé d’effroi et de sursaut vital entre hantise des souvenirs, résilience et reconstruction. Ses tableaux d’apparence naïf sont un témoignage vibrant de la mémoire de son peuple. 

https://www.brafa.art/fr/exhibitor-detail/661/galerie-christophe-gaillard

Vue du stand Galerie Christophe Gaillard, ©zooo

Objects with Narratives, Bruxelles : solo show Ben Storms

J’avais découvert la galerie l’année dernière à l’occasion de la Brafa et interviewé l’un des trois directeur, Oskar Eryatmaz. Ils reviennent pour la 2ème fois ici avec un solo show du designer belge star Ben Storms qui repousse toujours loin ses expérimentations. S’il s’est fait connaitre avec les célèbres coussins/oreillers, il élargit sa nouvelle technique de sculpture « crushed » à différents types de matériaux et de supports. « Faux jumeaux » titre de l’exposition joue sur la notion de l’imitation dans l’histoire de l’art, une tradition d’excellence. Baignée d’une lumière douce et chaleureuse aux reflets miellés, des reflets quasi identiques invitent à affuter le regard. Ben Storms a collaboré à l’occasion de ce projet avec le décorateur Pierre-Yves Morel, connu pour sa maitrise du faux marbre.  

Pendant ce temps dans l’élégant vaisseau du Grand Sablon 40, la galerie propose : South African groupshow et un solo show Conrad Hicks.

https://www.brafa.art/fr/exhibitor-detail/690/objects-with-narratives

Vue du stand Objects with narratives, Ben Storms Faux jumeaux © Tijs Vervecken

Martins&Montero : São Paulo, Bruxelles : Design brésilien au féminin 

Née de la fusion de deux galeries établies, Sé Galeria (Maria Montero) et Jaqueline Martins en 2004, la galerie a choisi Bruxelles pour son ancrage européen. Elle défend des artistes du sud global engagés dans des préoccupations environnementales et sociales.

L’architecte italo-brésilienne Lina Bo Bardi s’est notamment illustrée à travers son projet pour le Musée d’art de Sao Paulo conçu comme un anti-musée, dans une perspective de recyclage et d’accessibilité. Sa Bowl Chair est devenue iconique avec son assise en cuir et sa structure métallique en forme d’anneau.  

Maria Thereza Alves est une performeuse, vidéaste et activiste brésilienne engagée dans des projets collectifs avec un ancrage local visant à redonner place à des communautés isolées ou marginalisées.  

C’est avec le sculpteur américain Jimmie Durham qu’elle fonde le studio de design LABINAC autour de l’écoconception et de pratiques vertueuses en écho à leurs engagements politiques. Les matériaux sont toujours réemployés. Ces meubles ont traversé les espaces de travail du couple. 

Martins & Montero Lina Bo Bardi

https://www.brafa.art/fr/exhibitor-detail/718/martinsandmontero

En complément lire mes interviews avec : Beatrix Bourdon, Director of the Brafa, Tobias Desmet, Secretary General of the Brafa, Greta Meert galerie (Bruxelles), AR Fleury galerie (Paris), Raf Van Severen (Anvers).

Infos pratiques :

Brafa, 71ème édition

jusqu’au 1er février 2026

Brussels Expo

Jusqu’au 1er février 

Tickets 

standard 35 €

combinés : 


1 entrée + 1 catalogue 45 €
2 entrées + 1 catalogue 80 €

Organiser votre venue :

https://www.eurostar.com/fr-fr

https://www.visit.brussels/fr