Portrait Pauline Renard DR
A l’occasion de la 3ème édition de ceramic brussels qui réunit 70 galeries internationales du 21 au 25 janvier 2026, entretien avec la galeriste lilloise Pauline Renard dont c’est la première participation. Elle présente à cette occasion la démarche expérimentale des artistes : Juliette Clovis, Aurélien Veyrat et Davide Monaldi. Appréciant le dynamisme de la scène belge, la galerie saisit cette opportunité comme un défi. Après avoir dirigé la galerie Provost Hacker, Pauline vole de ses propres ailes depuis novembre 2025, le nord de la France étant à un carrefour stratégique entre Paris et Bruxelles. Elle sera présente également à Art Paris. Une année qui commence sous les meilleures augures ! Elle a répondu à mes questions.
C’est la première participation de la galerie à Ceramic Brussels : quels facteurs expliquent cette décision ?
J’ai souhaité participer à ceramic brussels car la foire jouit d’une excellente réputation : elle est identifiée comme un rendez-vous à la fois exigeant, dynamique et résolument contemporain. Sa localisation à Bruxelles, à seulement trente minutes de Lille en train, faisait également sens pour la galerie, d’autant plus que je compte déjà quelques collectionneurs belges.
Par ailleurs, m’intéressant à la céramique depuis plusieurs années, sans pour autant l’avoir encore pleinement intégrée dans la programmation de la galerie, cette foire représentait une occasion idéale d’explorer ce médium dans un cadre précis et stimulant.
Qu’allez-vous proposer à cette occasion ?
Pour ceramic brussels, j’ai choisi de présenter un stand en trio, réunissant trois approches très différentes de la céramique :
– le travail très délicat en porcelaine de Juliette Clovis,
– la recherche autour de la brique et de la matière constructive d’Aurélien Veyrat,
– et l’approche plus narrative, décalé et humoristique de l’artiste italien Davide Monaldi.
Ce dialogue permet de montrer la richesse et la diversité des écritures contemporaines autour de ce médium.
Quelle est la place de la céramique pour les artistes que vous défendez ?
La céramique occupe une place singulière dans la galerie, à mi-chemin entre peinture et sculpture.
Ayant toujours été très sensible à la peinture, j’ai parfois eu plus de difficulté à trouver des propositions sculpturales qui résonnent pleinement avec mon regard. La céramique, par sa liberté de formes, de couleurs et de surfaces, m’apparaît comme un terrain d’expression particulièrement riche.
Ce qui m’intéresse avant tout, c’est la diversité des démarches possibles au sein même de ce médium, et la manière dont chaque artiste s’en empare de façon très personnelle.
Qu’est-ce qui explique selon vous le dynamisme de la scène belge ?
La scène belge bénéficie d’une histoire artistique dense, d’un territoire très actif et d’un réseau d’écoles reconnues qui participent à cette vitalité.
Il me semble également que les collectionneurs belges ont une grande capacité de curiosité : ils n’hésitent pas à soutenir des artistes qu’ils ne connaissent pas encore, en faisant confiance à leur intuition.
Enfin, on retrouve dans cette région, comme dans le nord de la France, un rapport fort à l’espace intérieur et au fait de vivre avec les œuvres. Les œuvres d’art y sont pensées comme faisant pleinement partie du quotidien, ce qui crée un terreau particulièrement favorable à la création contemporaine.
Vous avez récemment fondé la galerie à un carrefour entre Paris et la Belgique : quelle vision vous anime ? Comment sélectionnez-vous vos artistes ?
La galerie a été fondée en novembre 2025 à Lille, à un carrefour stratégique entre Paris, Bruxelles et Londres.
Ce qui m’anime est avant tout l’envie d’aller là où les choses ne sont pas encore figées. Le nord de la France offre une réelle place à prendre : les collectionneurs et amateurs d’art y sont aussi exigeants qu’ailleurs, tandis que l’offre de galeries reste encore relativement limitée, malgré une scène institutionnelle très solide.
Je sélectionne les artistes avant tout au coup de cœur, mais mon parcours aux Beaux-Arts m’a également appris à porter une attention particulière aux débuts de carrière. Je m’engage auprès d’artistes dont je perçois la capacité à s’inscrire dans une pratique durable, exigeante et profondément investie.
Autre foire 2026 avec Art Paris : qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Participer à Art Paris est une grande joie, à la fois pour la galerie et pour les artistes que je représente.
C’est un rendez-vous important, qui permet de renforcer les liens avec mes collectionneurs parisiens, d’autant plus que la proximité géographique facilite ces échanges et de présenter le travail des artistes dans un contexte particulièrement visible et stimulant. C’est toujours un moment de partage essentiel.
À partir de quel moment avez-vous décidé de devenir galeriste ?
Je n’ai pas véritablement décidé de devenir galeriste : c’est plutôt le métier qui s’est imposé à moi.
Après un stage en galerie pendant mes études aux Beaux-Arts, une opportunité s’est présentée et j’ai commencé comme directrice de galerie. Avec le recul, je réalise que j’ai toujours été davantage tournée vers l’accompagnement des artistes et l’analyse de leur travail que vers ma propre pratique.
Lorsque j’ai décidé de fonder la galerie, j’ai fait le choix d’un engagement total, en arrêtant ma pratique artistique. J’étais pleinement consciente de l’exigence que ce métier implique. Être galeriste est un métier de conviction, sans concession, qui se construit dans la durée, aux côtés des artistes, dans une aventure commune.
Relire en complément mon interview avec les fondateurs de ceramic brussels : Jean-Marc Dimanche et Gilles Parmentier (lien vers).
Infos pratiques :
ceramic brussels #3
du 21 au 25 janvier 2026
Tickets : → réservez-les ici
Tarifs :
Plein 20 euros
Réduit 8 euros
Tour&Taxis
Actuellement à galerie :
43 rue Saint-André, Lille






