Paris Gallery Week end, 13ème édition : valorisation de la scène française à l’international 

Adrianna Wallis, Bijou Bougie, 2012. Courtesy of Anne-Laure Buffard and the artist. Paris Gallery Weekend 2026

A l’initiative du Comité Professionnel des Galeries d’Art (CPGA) présidé par Philippe Charpentier (mor charpentier) cette 13ème édition qui se déroule du 29 au 31 mai réunit 77 galeries (Paris/Grand Paris). Pendant 3 jours Paris devient un vaste terrain de jeu culturel au sein de 7 parcours géographiques.

L’édition 2025 a connu une affluence record, réunissant près de 19 000 visiteurs au sein des galeries participantes, tandis que l’ensemble des visites guidées affichait complet. Fortes du succès rencontré lors des précédentes éditions, les Cartes blanches font leur retour cette année. L’invité.e désigné.e par les galeries peut avoir différents profils : un.e artiste, un.e professionnel.le du monde de l’art ou de la culture ou encore un.e conservateur.rice de musée. Son intervention auprès de la galerie peut  prendre différentes formes (conception d’une exposition ou d’un événement).

-Les Zooms 2026

L’expérience testée en 2025 est renouvelée en offrant des axes thématiques identifiées et pensés comme une cartographie complémentaire aux parcours géographiques. 

Quelques exemples : zoom sur le dessin, la photographie, les artistes femmes, les vidéos/installations, sur l’environnement, sur la scène émergente à travers des partenariats auprès de structures compétentes. 

Léonore Chastagner, Sans titre, 2025, Céramique, 21 x 17 x 5,5 cm, ©Ici Au Loin, Courtesy de l’artiste et Galerie Anne-Sarah Bénichou

-Nouveauté : le « Parcours Scène française » une valorisation à l’international 

Paris Gallery Weekend rejoint le dispositif global « Parcours Scène française », une initiative menée conjointement par le Centre national des arts plastiques, le Comité professionnel des galeries d’art et l’Institut français, avec le soutien du ministère de la Culture ainsi que du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Ce partenariat a pour ambition de renforcer l’accompagnement et le rayonnement des artistes français issus des arts visuels au sein des grands réseaux internationaux de l’art contemporain, en articulant soutien à la création, mobilisation des professionnels du secteur et diffusion à l’international.

Cette collaboration prend forme pour la première fois de manière concrète lors de la 13e édition de Paris Gallery Weekend, à travers la mise en place de l’« Itinéraire Scène française ». Cette initiative prolonge également le programme d’accueil de commissaires internationaux développé par Paris Gallery Weekend depuis maintenant trois ans.

À cette occasion, une douzaine de commissaires d’exposition et de responsables d’institutions venus des cinq continents sont invités à découvrir la scène artistique française à travers un parcours spécialement conçu pour eux.

-Un accent jeune public et public éloigné

Le comité des galeries s’associe pour ces visites qui visent à élargir le public de l’art contemporain avec des institutions et associations : 

« Thanksfornothing »

Proposé en partenariat avec l’association Thanksfornothing, ce programme propose des visites à destination de « publics éloignés” pendant Paris Gallery Weekend mais également à destination du jeune public dans les quartiers Saint-Germain et du Marais.

« Les Yeux Ouverts »

Ce programme a été initié par le CPGA à destination de classes scolaires issues de réseaux d’éducation prioritaire.

Cette année, il une classe de CM1-CM2 de l’école Montaigne à Sevran viendra visiter 3 galeries du Marais à l’occasion de Paris Gallery weekend

Quelques chiffres clés :

+ de 200 artistes, 

64 solo shows

24 group shows

5 cartes blanches

60 évènements 

Francisco Tropa, « Cloison #1 », 2025, Inv.# FT/S 371, Beech wood, painted plywood, patinated bronze, brass, silkscreen print on plywood 220 x 170 x 57 cm, Unique

Parmi les incontournables :

Galerie Jocelyn Wolff (Matignon)

Le solo show de l’artiste portugais Francisco Tropa « Miss America », le nom d’un bateau imaginaire dans lequel le visiteur embarque dès qu’il franchit les portes de la galerie. C’est aussi le titre d’un récit mis en images par Tropa. L’exposition fait ainsi écho, de manière allégorique, à l’univers maritime et plus particulièrement à la notion antique romaine de naufragium, entendue comme un accident ou une chute incontrôlée.

À l’origine de l’exposition se trouve un objet découvert lors de fouilles par un ami archéologue : une petite tour en bronze dotée d’un escalier intérieur, conçue pour lancer des dés depuis une ouverture supérieure, introduisant ainsi une part de hasard et de chance. Comme une allégorie du naufragium romain…

Marais :

La galerie mor charpentier avec le solo show de l’artiste Sacha Cambier de Montravel « Les orphelins de Thèbes ». Sa peinture aime jouer des anachronismes autour des enjeux capitalistes et totalitaires de nos sociétés. En réunissant des références historiques lointaines au sein de paysages apocalyptiques, il ne cherche pas à brouiller le récit, mais à montrer que l’histoire se répète inlassablement, toujours au détriment de celles et ceux qui tentent de s’y soustraire. Dans cette série, il retrace le parcours anti-chronologique du peuple homosexuel. 

vue de l’exposition Linda Sanchez « Pirouettes », galerie Papillon courtesy de l’artiste photo Gregory Copitet

La galerie Papillon dont la directrice Marion a été à l’origine du Paris Gallery Weekend propose un solo show de Linda Sanchez « Pirouettes » dans le prolongement de recherches menées lors de sa résidence à la cristallerie de Saint-Louis. J’avais interviewé l’artiste lors du confinement et suivi ses projets depuis. 

Au fond de l’espace, une trentaine de toupies en cristal (Les Bousillés, 2025) témoignent de la longue résidence menée à Saint-Louis, durant laquelle l’artiste a exploré des formes capables de « cristalliser » le mouvement, l’équilibre précaire, la répétition et la prise de risque. La toupie en cristal apparaît alors comme un objet profondément paradoxal : sa rotation semble constamment suspendue à la possibilité de sa chute. Chez Linda, la fragilité et le potentiel de rupture deviennent des composantes essentielles de l’œuvre, qu’ils soient réels ou simplement suggérés, au même titre que les jeux de lumière, les réfractions et les ondes projetées au sol lorsque les objets sont mis en mouvement. Présentées ici à l’arrêt, les toupies entrent en résonance avec une projection vidéo qui les anime et révèle toute la richesse de leurs effets cinétiques.

vue de l’exposition Linda Sanchez « Pirouettes », galerie Papillon courtesy de l’artiste photo Gregory Copitet

Autour de cet ensemble s’articulent d’autres séries, parmi lesquelles les carreaux de faïence (Tiles Tales, 2026), qui prolongent les recherches récentes de l’artiste. En détournant le regard de leur surface visible vers leur revers, Linda Sanchez met au jour des trames, des logos et des matrices généralement invisibles sur ces objets issus de la production industrielle. 

Anne-Laure Buffard, Adriana Wallis/ Diane Esmond

« Il restera la gravité »

En 2021, Adrianna Wallis voit resurgir un pan enfoui de son histoire familiale. Trois historiens la contactent tour à tour au sujet de tableaux spoliés dans l’atelier de sa grand-mère durant la Seconde Guerre mondiale. Une révélation qui agit comme un choc et conduit l’artiste à prendre conscience que, depuis l’enfance, son accès à cette mémoire fragmentée ne s’est construit qu’à travers des objets, des traces et des récits transmis.

De cette enquête intime naît une réflexion sur le lien affectif que nous entretenons avec les objets qui peuplent notre quotidien. Peintures, sculptures et installations composent ainsi le cœur de l’exposition Il restera la gravité, présentée dans les deux espaces de la galerie Galerie Anne-Laure Buffard, aux 6 et 13 rue Chapon. L’ensemble dialogue avec une sélection inédite de dessins et de toiles de Diane Esmond.

Galerie Anne-Sarah Bénichou

Léonore Chastagner

« Ce qu’il faut aimer est absent »

Repérée lors de la dernière édition de Ceramic Brusels et au salon de Montrouge, cette première exposition à la galerie marque la nouvelle collaboration entre Anne-Sarah sa directrice et la sculptrice française. Conteuse d’histoires, elle fige ses personnages souvent des adolescents dans des pauses au quotidien au repos. Sans tête ils ne peuvent nous renvoyer notre regard.

Saint-Germain :

Galerie Zlotowski

« Salon Sonia »
Exposition collective

Pensée comme une traversée libre et vivante de son univers, cette exposition collective met à l’honneur des médiums inattendus et des formes ludiques, tout en affirmant la place centrale de la couleur — un principe fondateur auquel Sonia Delaunay est restée fidèle tout au long de sa carrière.

Loin d’un hommage figé ou solennel, Salon Sonia célèbre une œuvre en perpétuel mouvement, dont la modernité continue de résonner avec force auprès du public contemporain. La vitalité de cette réception témoigne de l’actualité intacte de son langage visuel et de sa capacité à susciter encore aujourd’hui émotion et fascination.

L’exposition rassemble des œuvres de Sonia Delaunay, Cécile Bart, Karina Bisch, Audrey Guttman, Sheila Hicks, Josselin Vidalenc et Raphaël Zarka.

Hors PGWE mais mérite le détour !

la galerie Galerie Peter Kilchmann présente une première exposition en France de l’artiste Ishita Chakraborty (née en 1989 au Bengale-Occidental, Inde ; vit et travaille entre la Suisse et l’Inde) et dont le travail met en évidence des récits entremêlés d’extraction et de pouvoir, qui s’inscrivent à la fois dans les corps et dans les paysages. Le titre East is Everywhere renvoie ainsi à un phénomène global de circulations multiples. L’exposition s’ouvre sur Where the Wild Things Roam XXXVI, Indigo (140 x 112,5 cm), issue de la série éponyme, dans laquelle Ishita Chakraborty propose des illustrations botaniques peintes à l’acrylique sur toile, collées sur du tissu sari puis découpées suivant leurs contours. Des plantes qui introduites depuis le Sud global durant la période coloniale dont l’indigo, ont boulversé les écosystèmes en profondeur.

Infos pratiques :

Paris Gallery Weekend 2026

Du 29 au 31 mai

https://parisgalleryweekend.com