Paris Art Week : Akaa fair 2026, focus photo à l’occasion du Bicentenaire

Dagmar van Weeghel, Lys in Bloom, 2026 courtesy de l’artiste, This is not a white cube

… « Derrière chaque image se cache un monde. Derrière chaque regard, une histoire ». Sitor Senghor 

Avec 36 galeries en provenance de 14 pays, cette 11ème édition d’Akaa réaffirme sa mission avec un accent mis sur la photographie et le dessin. 

A l’occasion du Bicentenaire de la photographie, Sitor Senghor, directeur artistique de la foire est le commissaire de cette nouvelle section Akaa photo, particulièrement réussie. Un parcours qui souligne la valeur des archives et des héritages tout en soulignant la nécessaire réappropriation de ces mémoires et de leurs représentations.

Quelques démarches incontournables :

  • Gabriel Dia

L’installation monumentale Mother’s Heritage donne le ton à la foire dès l’entrée dans le Carreau du Temple. Les images imprimées sur textiles flottent au-dessus de nos têtes comme les souvenirs partagés, les transmissions, les gestes…à partir d’un souvenir d’enfance de l’artiste : l’atelier de couture de sa mère. Un dialogue avec l’histoire familiale autour de l’affirmation de soi, du genre, d’appartenance.

Gabriel Dia, Mother’s Heritage, 2025, courtesy de l’artiste

  • Paul Kodjo 

En parallèle à son exposition hommage au Palais de tokyo faisant suite aux Rencontres d’Arles cet été. Ce témoin de la période des indépendances ivoiriennes, célèbre les aspirations de la société et de la jeunesse d’Abidjan à travers le photoroman, sa marque de fabrique. Il construit ses images comme des plans séquence. Une redécouverte essentielle !

A voir chez In Camera galerie. 

  • Dagmar van Weeghel 

A partir du constat historique d’une absence de représentation des personnes noires dans les archives photographiques européennes du XIXIème siècle, l’artiste se saisit des codes de la photographie occidentale pour en questionner la prétendue objectivité à partir de décalages temporels. 

La fleur tient une place importante dans ces portraits comme symbole d’une mémoire vivante. De plus, l’artiste utilise des substances végétales comme dans les procédés historiques. 

La série BLOOM est visible sur le stand de la galerie This is not a white cube. 

  • Malick Welli et Charlotte Brathwaite

Le projet de l’artiste sénégalais et de la metteuse en scène afro-descendante We Who remain, Forgotten Paradise, que l’on peut traduire « nous qui demeurons » interroge une mémoire transatlantique, marquée par l’esclavage et ses héritages. L’eau, les vêtements, les rituels disent une mémoire absente et fantomatique. L’idée est de redonner leur humanité aux personnes réduites en esclavage. 

La série est présentée par Atelier 9 Bangkok.

  • Maya-Inès Touam

L’artiste interroge la circulation des objets et des héritages culturels à partir de compositions très élaborées et d’associations inattendues réalisées en studio à la manière de natures mortes imaginaires et composites. 

Ce solo show de la galerie les Filles du Calvaire s’inscrit dans le prolongement de sa résidence à la Maison Gacha (Cameroun) autour du savoir-faire du perlage. Un patrimoine non pas figé mais déplacé dans une dimension politique.

  • Angèle Etoundi Essamba

Son œuvre Girl with an Amber Earring 1 revisite les codes de la peinture classique occidentale pour redonner aux femmes photographiées le contrôle.  L’ambre associé ici au portrait plutôt que la perle chez Vermeer, déplace les références alors que ses vertus sont reliées en Afrique à la féminité et au prestige. 

A voir à la Galerie Carole Kvasnevski.

De plus, Sitor Senghor avec « La mémoire des feuilles » propose un parcours dédié au dessin dans une approche plurielle du médium. 

Infos pratiques :

AKAA Art & design fair

Jusqu’au 25 octobre

Attention, demain samedi 24 octobre, la foire sera fermée exceptionnellement.

Carreau du Temple

Tarifs

Plein 16,00 €

Réduit 11,00 €

www.akaafair.com