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EXPORAMA 2026, un été contemporain à Rennes !

Le monde invisible, l’Absence crédit photo Flavien Théry

Sur la route de vos vacances, quelques étapes incontournables ! EXPORAMA Rennes, 6ème édition, en fait partie avec plusieurs temps forts dont les 40 ans de La Criée, le peintre abstrait Roger Edgar Gillet au musée des Beaux-arts (après Saint-Rémy-de-Provence), l’art textile de Celina Eceiza et la jeune création au Frac Bretagne avec le Prix Frac-Art Norac tout juste remporté par l’artiste latino-américaine Zoë Grant, la photographie sous-marine et les défis climatiques aux Champs Libres, le duo Emilie Brout & Maxime Marion à 40mcube ou encore le Fonds communal d’art contemporain de la Ville de Rennes à l’Ancienne Prison Jacques Cartier, site patrimonial citoyen.  Le tout se voit complété par plusieurs propositions en galeries : Oniris, Galerie Jonathan Roze, L’Antre Temps, Galerie Tami et autres lieux associés : Noir Brillant, ilta studio, le MUR de Rennes… Une cartographie de la ville qui rayonne au-delà sur tout le territoire !  A noter que cette année la Collection Pinault ne participe pas. On se souvient de la très belle exposition sur le portrait « Les Yeux dans les yeux ».

Théophile Peris,
La Peur Bleue ou la véritable histoire de la foire Saint-Luc Laine, 600x500cm
Le ravitaillement, Gavray-sur-Sienne, 2025 © Adagp, Paris 2026. La Criée

-Bienvenue à la Criée, 40 ans de création et bien plus encore ! 

Sophie Kaplan, directrice de La Criée, centre d’art contemporain à l’occasion des 40 ans du lieu imagine plusieurs dispositifs. D’une part un jeu de plateau, « Rejouer La Criée » a été conçu autour de l’histoire du centre avec l’opportunité pour les visiteurs de créer leur propre exposition miniature ; l’invitation à 13 artistes de composer une œuvre murale, des îlots pour pouvoir consulter les articles, les publications ou échanger et toute une programmation événementielle.

Avec : Alexandra Duprez ; Valentine Gardiennet ; Juliette Green ; hyppolite hentgen ; Margaux Janisset ;  Mioshe ; Marianne Mispelaëre ; Jérémy Piningre ; Théophile Peris ; Julien Prévieux ; Rika Tanaka ; Alun Williams

Jusqu’au 20 décembre 2026 

https://www.la-criee.org/fr/agenda/2026/bienvenue-a-la-criee

Roger Edgar Gillet, Les Fusillés, 1982
Huile sur toile, 130 x 198 cm Saint-Rémy-de-Provence, musée Estrine Inv. ME.2014.03
© Musée Estrine, cliché Fabrice Lepeltier © Adagp, Paris 2026

-Roger Edgar Gillet, La grande dérision : musée des Beaux-arts (les 2 sites)

Second volet de la redécouverte du peintre après le musée Estrine de Saint Rémy de Provence,  le musée des Beaux-arts de Rennes sur ses deux sites Emile Zola et Maurepas, célèbre à son tour ce grand représentant de l’Abstraction adoubé par Soulages mais dont le revirement vers ma figuration au début des années 1960 a constitué une énigme et incompréhension chez les critiques qui l’écartent quelque peu. Expérimentateur infatigable, il se lance alors dans un sabotage des genres de l’histoire de la peinture. Son humour ravageur, façon Grand Guignol résiste à toute forme de classification dans des mises en tension pleines d’ironie et de tendresse. L’occasion de retrouver son attachement à la Bretagne et à Saint-Suliac, où il décèdé en 2004. De nombreux prêts ponctuent l’exposition d’une grande cohérence.

Roger Edgar Gilet (estate) est représenté par les galeries Nathalie Obadia (Paris/Bruxelles) et Rodolphe Janssen (Bruxelles). 

Jusqu’au 20 septembre 2026 

https://mba.rennes.fr

Juliette Pavy, Aurore Molé ingénieure de recherche du CNRS courtesy de l’artiste

-« La mer jamais ne s’oublie » et « Le monde invisible » : Les Champs Libres 

J’avais été impressionnée par l’exposition Madeleine de Sinéty « Un village » aux Champs Libres en 2021, artiste de la mémoire et des saisons, actuellement exposée au Jeu de Paume, Tours. La place de la photographie dans ce lieu et son articulation avec le patrimoine est toujours d’une grande justesse. L’exposition collective « La mer jamais ne s’oublie » réunit des œuvres de l’océanographe pionnière Anita Conti et de 4 artistes femmes photographes : Juliette Pavy, Julie Bourges, Marine Lanier et Manon Lanjouère. Autodidacte, Anita Conti se consacre au quotidien des marins dont elle partage la rude condition et dénonce dès les années 1930 les ravages de la surpêche et de la pollution des océans. 

Dans son sillage Juliette Pavy enquête sur la contamination au méthylmercure dans le Grand Nord, dont les principales victimes sont les populations inuites. Marine Lanier à partir de la figure de son arrière-grand-père capitaine de vaisseau et de Jules Verne, déroule un récit poétique tandis que Manon Lanjouère dont j’avais été fascinée par la proposition à la Biennale des arts et de l’Océan de Nice, poursuit son exploration des microbiomes et planctons en lanceuse d’alerte. 

En complément : lire mon interview avec Manon Lanjouère (lien vers)

« Le monde invisible » est le résultat de la résidence des artistes Flavien Théry et Fred Murie à l’Université de Rennes à partir d’une vingtaine d’œuvres inédites. Leur approche croisée de la science et de l’art les amène à imaginer cette exposition immersive qui regarde du côté des grands mouvements de l’histoire de l’art : Optical Art, Minimal Art mais aussi Man Ray et Duchamp.

Jusqu’au 11 octobre 2026 

https://www.leschampslibres.fr/au-programme/categorie/expositions-aux-champs-libres

Celina Eceiza, Ofrenda, 2023-2024 Collection Frac Bretagne
© Celina Eceiza.
Photo : Guido Limardo

-Frac Bretagne : la « Dormance » de Celine Eceiza 

Le titre emprunté au vocabulaire de la biologie, désigne l’état dans lequel un organisme vivant ralentit son métabolisme afin de préserver son énergie face à des conditions défavorables. Cette notion invite à envisager l’exposition comme un espace de ralentissement et de suspension, propice à la contemplation, où chacun est libre de prendre le temps de s’asseoir, de s’allonger ou simplement d’observer. L’artiste argentine invite dès lors le public à parcourir un espace pensé comme une expérience totale, où l’art se rapproche du corps en s’inscrivant dans une dimension à la fois physique et relationnelle. Le repos, le loisir, l’architecture collective éphémère et les gestes d’attention traversent subtilement l’ensemble du dispositif, créant un environnement propice à la rencontre, à la détente et à l’échange. De plus elle décide d’intégrer à l’exposition une sélection d’œuvres issues de la collection du Frac qu’elle perçoit comme venant élargir sa propre pratique.

-Zoé Grant, lauréate du Prix Frac Bretagne-Art Norac

Porté par le Frac Bretagne grâce au soutien d’Art Norac, structure pour le mécénat du groupe Norac, ce prix a pour ambition d’accompagner des créatrices et des créateurs de la scène artistique régionale vers une expérience à l’international afin de favoriser la professionnalisation de leur parcours hors de nos frontières. Il témoigne de la vitalité de la scène de Bretagne. 

C’est l’artiste franco-américaine Zoé Grant qui est la lauréate 2026. Diplômée de l’Ensba Lyon elle vit entre Rennes et Marseille. 

Pour cette 6e édition, le lieu partenaire est le TRAFO Center for Contemporary Art à Szczecin en Pologne, qui accueillera l’exposition monographique de la lauréate en 2027.

Les œuvres des artistes finalistes : Lena Brudieux, Zoë Grant, Margaux Janisset et Maxence Chevreau et Nino Spanu sont exposées au Frac tout l’été. 

Précisons que le Frac Bretagne a été mis sous le feu des projecteurs à l’occasion de l’éviction de son directeur Etienne Bernard suite à des accusations de faits graves et enquête diligentée par le Parquet de Rennes. 

Exposition collective

Jusqu’au 20 septembre 2026 

-L’ancienne prison Jacques Cartier :
Fonds Communal d’Art Contemporain‒Collection 13

L’exposition présente les œuvres acquises par le Fonds communal d’art contemporain de la Ville de Rennes en 2024 et 2025 auprès de vingt artistes établis sur le territoire rennais. Réunissant des créations d’une grande diversité esthétique, elle offre un aperçu riche et sensible de la scène artistique contemporaine locale dans ce site patrimonial remarquable.
Cette vitalité créative s’exprime à travers une pluralité de pratiques, allant de la peinture au dessin, en passant par la photographie, la vidéo, la sculpture et le design d’objet. L’exposition prend place dans l’ancienne prison Jacques-Cartier, un site emblématique qui s’ouvre progressivement à de nouveaux usages culturels et citoyens depuis son acquisition par la métropole en 2021.


Goubelin © Vincent Girard

En parallèle, une programmation culturelle associée : concerts, spectacles, ateliers et autres rendez-vous vient animer le lieu tout au long de l’après-midi et en début de soirée :

-Partagez la vie, les espoirs, les colères de ceux qui sont passés en un lieu emblématique et mémoriel : Jacques-Cartier avec Françoise Cognet membre de l’association Champs de Justice autour d’un tableau et lors de lectures flash. à partir de 17h45 et à raison d’un créneau toutes les 30 min).

-Visite libre ou accompagnée par une médiatrice de l’exposition Collection 13 du Fonds Communal d’Art Contemporain (dispositif Exporama). De 15 à 21h

Jusqu’au 26 juillet 

https://metropole.rennes.fr/votre-quartier/agenda/2026/cet-ete-a-l-ancienne-prison-jacques-cartier-programme-du-mois-de-juillet

© Émilie Brout & Maxime Marion – Adagp, Paris 2026

-40mcube, centre d’art contemporain :

s3lf.tech 

Émilie Brout & Maxime Marion 

J’ai découvert le duo à la galerie 22,48 qui les représente. Leur approche spéculative à partir de la vidéo m’a tout de suite fascinée. Le nouveau corpus de net.art présenté à la fois à 40mcube (Rennes) et à Zoo galerie (Nantes) fait suite à leur résidence à la Villa Kujoyama au Japon en 2025. Il est spécialement produit pour l’exposition.  À partir de récits nourris par les pratiques du VTubing, forme de création en ligne reposant sur l’usage d’un avatar virtuel animé grâce à des technologies de modélisation 3D et de capture de mouvement, du jeu de rôle et des médias sociaux, l’exposition interroge l’influence des technologies contemporaines sur la construction de nos identités et l’expression de nos affects. Les images à la fois espaces de projection, de circulation et de fiction interrogent la fluidité et les seuils entre intimité, désir et marchandise.

Jusqu’au 19 décembre 2026 

s3lf.tech


Infos pratiques : 

EXPORAMA 

Un été d’art contemporain : 6ème édition 


Du 19 juin au 20 septembre 2026 

Tout le programme :

https://www.exporama-rennes.fr

Carte des lieux :
https://www.exporama-rennes.fr/lieux/
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