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La dream team de The Rooms : Sébastien Janssen, Sorry We Are Closed et Patrick Mestdagh, président de la ROCAD et Galerie Patrick & Ondine Mestdagh, est de retour pour une 2ème édition très attendue dans le QG brutaliste du Mix, l’Ancienne Royale Belge reconverti par le serial entrepreneur Jean Michel André (Limited Edition Hôtels) et le designer Lionel Jadot en hôtel arty **** et hub bien-être très exclusif à la lisière de la forêt de.Soignes. Selon un principe intimiste de foire en chambres d’hôtel qui a déjà fait ses preuves (OVNi vidéo Nice, La Mer à Marseille…), l’offre se veut décloisonnée et ouverte entre Antiquités, art tribal, art moderne et contemporain, design, bijoux. Parmi les 45 galeries participantes (36 l’année dernière) 15 sont françaises, 5 internationales (Hors Europe), le reste étant belge et flamand, soulignant un équilibre entre scène locale et étrangère. On peut ainsi déambuler d’un continent à l’autre, d’une époque à une autre, tandis que quatre Mood Rooms seront investies cette année parmi lesquelles le Musée de la photographie de Charleroi à partir d’œuvres issues de sa collection et et une sélection d’œuvres des expositions par Lionel Jadot. Des conférences liées aux enjeux d’une collection sont organisées durant les 3 jours de l’évènement avec des experts, collectionneurs et professionnels du marché de l’art. Mais si l’envie vous prend vous pouvez aussi profiter des bienfaits du spa ou faire un plongeon dans la piscine… ici tout est permis ! Éclectisme à tous les étages …
Bethsabée Hervy, directrice de la ROCAD (Royal Belgian Chamber of Art Dealers) et Sophie Lorent, directrice de la Galerie Galerie Patrick & Ondine Mestdagh, project managers the Rooms, ont répondu à mes questions.
Sophie Lorent et Bethsabée Hervy, project managers The Rooms
Marie de la Fresnaye. Tout d’abord, pouvez-vous rappeler l’ADN de The Rooms ?
Bethsabée Hervy et Sophie Lorent. Avec ce salon, nous avons souhaité créer un événement où se côtoient l’Antiquité, l’art du XIXᵉ siècle et la création contemporaine. Notre volonté est de proposer une sélection à la fois diversifiée et accessible, capable de susciter la curiosité d’un large public.
Nous avons également fait le choix d’un format différent de celui des grandes foires plus classiques, comme la BRAFAou la TEFAF. Ici, les galeries investissent des chambres de l’hôtel, ce qui confère à la visite un caractère plus vivant, plus intime et plus dynamique.
Cette année, les 46 galeries participantes présentent des profils très variés. Cette diversité est au cœur de notre démarche : elle favorise les rencontres inattendues, les surprises et de véritables découvertes pour les visiteurs.
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En termes de profils de galeries : quelle est la part des nouveaux participants par rapport à la première édition ?
BH & SL. Lors de la première édition, nous nous sommes naturellement tournés vers des marchands que nous connaissions déjà, dont nous appréciions la réputation et la qualité du travail, et qui ont accepté de nous suivre dans cette nouvelle aventure. Pour cette nouvelle édition, le résultat est particulièrement encourageant : parmi les 36 exposants présents lors de la précédente édition, près de 80 % ont choisi de revenir cette année, témoignant ainsi de leur confiance dans le projet.
Parmi les nouveaux participants de premier plan, on peut citer : Bernard de Grunne, Raphaël Durazzo, Virginie Devillez, Nino Mier Gallery et Galerie Seine Ouverte mais également Karry Berreby Jewelry et Elie Top. Leur présence contribue à enrichir encore davantage la diversité des propositions présentées au sein de la foire.
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Entre ce qui concerne les spécialisations y-a-t-il un équilibre entre Antiquités et art contemporain ?
BH & SL. Nous avons veillé à instaurer un véritable équilibre entre les œuvres anciennes et la création contemporaine. Cette coexistence des époques et des regards fait partie intégrante de notre projet.
MdF. Quelle est la place donnée à l’émergence à The Rooms ? est-ce une donnée importante pour vous ?
BH. Tout à fait. Plusieurs galeries participantes accordent une place importante à la jeune création. C’est notamment le cas de Galerie Lefebvre, de La Peau de l’Ours ou encore de Romero Paprocki, qui défendent de nombreux artistes émergents. À travers The Rooms, plusieurs enseignes ont souhaité mettre en lumière une nouvelle génération d’artistes belges.
SL. Ce qui nous paraît particulièrement intéressant, c’est de faire cohabiter des artistes déjà solidement établis avec d’autres qui sont encore au début de leur parcours, mais dont le travail se révèle particulièrement prometteur. À nos yeux ces jeunes artistes ont pleinement leur place aux côtés de créateurs plus reconnus.
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MdF. Parmi les nouvelles collaborations de cette édition : le musée de la Photographie de Charleroi, quelle est l’origine de ce partenariat ?
SL. Il se trouve que Patrick Mestdagh et moi-même sommes originaires de Charleroi, et Patrick entretient de longue date des liens avec Xavier Canonne, directeur du Musée de la Photographie. Les échanges se sont donc établis très naturellement. Dès le départ, nous souhaitions associer une institution culturelle au projet, et le musée a immédiatement adhéré à cette démarche.
Cette collaboration se concrétise à travers l’exposition Chambre en chambre, conçue à partir d’une sélection d’œuvres issues des collections du musée. Une proposition qui s’inscrit pleinement dans l’esprit de The Rooms, en créant un dialogue entre une institution muséale et les galeries participantes.
Mix Brussels
MdF. Quel est le tarif d’une chambre ?
BH & SL. C’est proportionnel à la taille avec des chambres allant de 30 m2, 40 m2, 50 m2, 60 m2. Cela peut varier entre 3200 et 5400 euros, ce qui reste très compétitif.
Parmi les 7000 visiteurs venus l’année dernière : qu’avez-vous pu observer entre curieux, néophytes ou collectionneurs avertis ?
SL & BH. Lors de la première édition, nous avons eu la satisfaction d’accueillir un public particulièrement qualitatif et engagé. Nous avons rencontré de véritables collectionneurs, mais aussi une clientèle plus jeune, curieuse et attentive à la scène artistique actuelle. Les institutions culturelles ont également répondu présentes, contribuant à la richesse des échanges.
Cette diversité des profils a donné lieu à des rencontres particulièrement intéressantes. Les exposants ont été ravis de découvrir un public parfois plus jeune que celui qu’ils côtoient habituellement. Pour certains antiquaires notamment, ce fut l’occasion de transmettre leur passion, de partager leur expertise et de faire découvrir leur métier à une nouvelle génération de visiteurs.
MdF. Un programme de conférences est proposé tout le long de la foire : comment est-il conçu ?
SL & BH. Organisées par notre partenaire Puilaetco, ces conférences se tiennent chaque matin pendant la foire, avant l’ouverture officielle au public.
Ouvertes à tous, elles abordent des thématiques variées liées au monde de la collection, qu’il s’agisse d’aspects juridiques, des enjeux de transmission du patrimoine ou encore de retours d’expérience et de témoignages de collectionneurs et de professionnels du secteur. L’objectif est d’offrir un espace d’échange et de réflexion qui complète la visite du salon.
MdF. Quel est votre rôle au sein de l’équipe ?
SL. : Je travaille aux côtés de Patrick Mestdagh au sein de la galerie qu’il a fondée en 2012 et située au 29 rue des Minimes. J’y suis sa collaboratrice depuis près de quinze ans.
Auparavant, j’ai occupé le poste de coordinatrice d’événements pour l’ASBL Sablon Quartier des Arts et du Commerce, une expérience très formatrice.
BH. Je travaille aux côtés de Patrick Mestdagh dans le cadre de ses fonctions de président de la ROCAD, qui représente les marchands d’art en Belgique depuis maintenant cinq ans.
MdF. A quoi tient selon vous le dynamisme de la scène de Bruxelles ?
SL & BH. C’est une question essentielle. La Belgique compte de nombreux collectionneurs, et le public y est à la fois dynamique et exigeant. L’intérêt pour l’art s’y manifeste de manière très large, et ce, quelle que soit la génération.
Cette vitalité s’accompagne d’une forme d’originalité constante, portée par une curiosité réelle et une capacité à se laisser surprendre.
MdF. Comment avez-vous choisi chacune le monde de l’art ?
SL. Historienne de l’art et architecte d’intérieur de formation, j’ai fait mes premiers pas dans le secteur à la suite d’un stage au sein de la maison de ventes Pierre Bergé & Associés Bruxelles, alors située au Sablon.
C’est dans ce contexte que j’ai rencontré Olivia Roussev, alors directrice, qui avait été approchée par Patrick Mestdagh et Pierre Marcolini pour l’organisation d’un salon au Sablon. Elle m’a proposé de m’associer au projet, et c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Patrick. Si cette première initiative n’a finalement pas abouti, elle a néanmoins marqué le début d’une collaboration et d’une relation professionnelle durable.
Par la suite, j’ai intégré à la fois la galerie et l’ASBL Sablon Quartier des Arts et du Commerce, partageant mon activité entre l’association des commerçants du Sablon et le développement des projets de la galerie.
BH. J’ai été plongée très tôt dans cet univers. Mon père est architecte d’intérieur et ma mère historienne de l’art.
Par la suite, j’ai suivi des cours d’histoire de l’art chez Sotheby’s Londres, avant de poursuivre avec un master en marché de l’art à Paris. J’y suis restée quatre ans, période durant laquelle j’ai travaillé au sein de maisons de ventes comme Artcurial, ainsi que sur des foires et auprès d’antiquaires, notamment à la Galerie Kugel, où j’ai exercé pendant un an et demi.
J’ai toujours été passionnée par le monde de l’art et par tout ce qui gravite autour de cet univers. À mon retour, j’ai appris que Patrick Mestdagh, récemment nommé président de la ROCAD, recherchait une collaboratrice. J’ai alors su que c’était le moment et le lieu où je devais m’engager professionnellement.
MdF. Dernière question : Quel conseil donneriez-vous chacune à des primo-collectionneurs ?
BH. Pour moi, la constitution d’une collection repose d’abord sur un véritable coup de cœur. Il est essentiel de bien s’entourer, de s’appuyer sur des marchands reconnus, capables de guider, de conseiller et d’accompagner chaque étape du parcours. C’est cette relation de confiance qui permet, progressivement, de construire une collection cohérente et personnelle.
SL. Je partage pleinement ce point de vue. L’essentiel est d’acquérir des œuvres qui nous touchent réellement, pour lesquelles il se passe quelque chose d’intime entre l’objet et la personne qui le choisit.
Être bien entouré est également primordial, car cela permet de sécuriser ses choix et d’être accompagné dans ses décisions. Le marché de l’art peut parfois être complexe, et il arrive que l’on fasse de mauvais choix sans un bon encadrement. C’est pourquoi le conseil et l’expertise de professionnels éclairés jouent un grand rôle dans la construction d’une collection.
Liste des galeries participantes :
ARTIMO FINE ARTS, CLAES GALLERY, ARNAUD DE SPA, GRUSENMEYER WOLINER, PATRICK & ONDINE MESTDAGH, GALERIE MINIMASTERPIECE, MOREUPSTAIRS, FREDERIK MULLER , SORRY WE’RE CLOSED, SPAZIO NOBILE GALLERY, DAVID UTZON_FRANK, GALERIE RAF VAN SEVEREN, ZABULUM ART & DESIGN, HENRI VANHOENACKER, LANCZ GALLERY, GALERIE CHRISTOPHE GAILLARD, COSTERMANS, GALERIE MEYER OCEANIC & ESKIMO ART, HARMAKHIS, PILI COLLADO STUDIO, MODESTI PERDRIOLLE GALLERY, THIBAUT WOLVESPERGES, BERKOWITSCH SYLVAIN, KARRY BERREBY JEWELRY, VIRGINIE DEVILLEZ, RAPHAEL DURAZZO, HECTOR GIRALDO, BERNARD DE GRUNNE, LIONEL JADOT, KISANY & THIERRY STRUVAY , GALERIE LEFEBVRE & FILS, NINO MIER GALLERY, ROMERO PAPROCKI, PULS CERAMICS, RUIMTE, ELIE TOP, CONSTELLATIONS GALLERY, UZAL JEWELRY, GALERIE SCÈNE OUVERTE, ROSSICONTEMPORARY, LAUREN VAN MIDDELEM GALLERY, LA PEAU DE L’OURS, LAURENT GRANIER, UNFORGET, AEROPLASTICS, WALID AKKAD
Infos pratiques :
The Rooms, 2ème édition
Du 4 au 7 juin
The Mix Brussels
Boulevard du Souverain 35/1
Watermael-Boitsford
Entrée gratuite sur réservation préalable.
