Miriam Cahn
o.t., 2013+17.7.+3.8.25
2013 – 2025 oil on fabric (flag material) courtesy de l’artiste, Jocelyn Wolff galerie
On commence par le 8ème arrondissement, alors que kamel mennour achète la grande galerie d’art moderne Daniel Malingue qui a tiré sa révérence après 60 ans d’activité. Dans le Triangle d’Or, les places sont toujours recherchées.
Miriam Cahn : Jocelyn Wolff galerie
« Still Leben » ou nature morte en allemand, Still life pour encore vivante en anglais, la meilleure des sensations face à ces morceaux choisis de l’artiste qui nous dévoile un peu de son intimité. Après le théâtre de la violence et du chaos du monde, place au repli, au « chez soi ». On y trouve une brosse à dent, un pommeau de douche, le contenu d’un sac à main, un matelas, une pelle, une machine à laver, des sneakers, un frigidaire. Mais aussi une main saisissant un téléphone portable ou l’épiderme d’une peau savonnée. Autant d’icônes d’une vie ordinaire qu’elle pare d’une aura singulière, autoréflexive. Des indices de présences, des bribes d’histoires, des fragments.
Le marais
Raphaëlle Benzimra : Jousse Entreprise
Repérée dans l’exposition collective « L’esprit de l’atelier » au MO.CO. Montpellier autour de Djamel Tatah et plusieurs de ses élèves, l’artiste diplômée des Beaux-arts de Paris, bénéficie de sa première exposition personnelle en galerie. Dans une approche nourrie d’histoire de l’art classique : des miniatures persanes aux primitifs italiens, elle propose une lecture contemporaine de la figure de l’ermite dans l’iconographie religieuse occidentale. Les petits formats sont d’une grande minutie autour de scènes de combat inspirées de la boxe.
Vue de l’exposition Manuela Sedmach « Guardatori »Galleria Continua, Adagp Paris 2026
Manuela Sedmach : Galleria Continua
Saison très italienne à la Galleria Continua avec Arcelangelo Sassolino et Manuela Sedmach. Cette dernière m’a particulièrement interpellée avec ses « regardeurs » ou « Guardatori » titre original pour ces figures qui guident vers des zones inconnues et peuplent ses toiles. Avec une gamme chromatique volontairement limitée au noir, blanc et terre de Sienne, l’artiste, née à Trieste en 1953 et vivant au Portugal, pratique une sorte d’ascèse du regard dans des paysages entre ligne d’horizon et surface de l’eau. Un art de la contemplation où la solitude est choisie et pleine de présences.
Variations de la lumière, espace qui s’étire et se dilate, fragilité de l’humain comme avec la série « les feuilles blessées » ouvrant sur une publication présentée tout spécialement.
Lawrence Abu Hamdan : mor charpentier
Lawrence Abu Hamdan, artiste et chercheur jordanien vivant entre Dubaï et Beyrouth, présente son dernier volet de recherches avec « Overdub » autour du son comme vecteur d’investigation politique. Avec Echographs of Tel al‑Sultan, Tilting at Windmills (I‑III) ou Wind Ensemble, il est question de l’impact en zone de conflit du processus d’agression sonore comme l’effacement du paysage. Pour rappel l’artiste est le fondateur de l’ONG Britannique Earshot qui mène des enquêtes acoustiques auprès de populations victimes d’injustice.
La xénophobie dans les centres d’appel est déjouée par l’IA à partir de l’accent d’agents externalisés (Waterfalls), tandis que les dernières images prises par des journalistes avant leur exécution apparaissent sur des téléviseurs cathodiques, « Planned Obsolescence » eux-mêmes condamnés à un vieillissement programmé.
Galerie Hussenot : Tobias Spiching
Conçue en réponse au lieu, dans un climat de pénombre et d’opacité un peu inquiétant, l’installation se déroule sur des draps noirs comme une nature morte par séquences. « When a Joke Becomes a Prayer » distille un climat désenchanté : des roses fanées, une bougie, un pianiste dans l’ombre, des lunettes de soleil géantes qui fixent le regard, des figures-masques-humanoïdes. Le vide et l’absence.
Melik Ohanian : Chantal Crousel galerie
« ALTERATION, For a long time in Time » présente plusieurs corpus de l’artiste dont certains rejoués. Ainsi de « BORDELAND – I Walked a Far Piece » présenté pour la première fois lors de la Biennale de Lyon en 2017 à partir d’un scénario conçu par l’artiste et l’écrivain Dominique Quessada sur le toit du studio de Melik à Brooklyn sur une adaptation du roman « Flats » de Rudy Wurlitzer. Autour de cette matrice, deux nouvelles séries : Chronographies- Tomorrow Was (2016–2024) et Interval of Viewing (2025) nous disent l’épaisseur temporelle de l’image.
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