FOMO VOX

Salon de Montrouge, 69ème : Interview Andrea Ponsini « Vers un Think Tank de l’émergence ».  

Filipovich Lina, courtesy de l’artiste

La 69ᵉ édition du Salon de Montrouge, qui réunit 40 artistes du 13 février au 1ᵉʳ mars, inaugure un nouveau format de festival résolument tourné vers les arts vivants et la performance. Pensé comme un véritable parcours à l’échelle de la ville, l’événement se déploie à travers un réseau de lieux partenaires et satellites, invitant le public à une exploration élargie de la création contemporaine.
Dans cette dynamique, plusieurs partenaires – Artagon, Villa Belleville, Carré sur Seine, KOMMET, Les Jardiniers, Therapeia Art Residency (en Grèce), Art Collector et la Maison des Artistes – s’engagent aux côtés du Salon afin de renforcer l’accompagnement des artistes. Expositions, résidences, formations et temps de professionnalisation viennent ainsi soutenir durablement les parcours artistiques.
Parmi ces collaborations, une réflexion est en cours avec Art Collector pour la mise en place d’un réseau d’alumni, adossé à un potentiel think tank. Cet espace de ressources et d’échanges viserait à structurer encore davantage l’accompagnement des artistes émergents, en leur offrant des outils, un réseau et une vision à long terme de leur développement professionnel. Cette initiative s’inscrit pleinement dans la volonté portée par Andrea Ponsini, Directeur artistique, d’élargir les possibles et d’inventer de nouvelles formes de soutien à la création. Il a répondu à mes questions.

Quel est le nombre de candidatures reçues par rapport à l’année dernière ? 

Nous avons reçu plus de 2 000 candidatures, ce qui reste proche des chiffres de l’année dernière.

Qu’est ce qui se dégage de l’ensemble du panorama en termes de médiums notamment ? 

Cette année, les installations dominent, les propositions sont plus construites. Il y a des espaces, en 3D qui s’affirment avec des œuvres qui sont plus scénographiées, plus architecturales.

Il y a une forte dimension multimédia, des œuvres qui dialoguent avec la technologie, via les écrans. Il y a par exemple une œuvre qui inclue un jeu vidéo (il s’agit de l’œuvre d’Abirami ça vient d’où ?, 2025, Jeu vidéo sur écran). Nous proposons par ailleurs toujours une salle de projection dédiée avec 4 vidéos de 3 artistes dont un duo :Sans soleil (2024, 9 min) du Collectif Grapain / L’île 28 (2021, 11 min) Kavalyé o dam (2025, 9 min) par Sacha Teboul / Apoleon (2024), réalisé par Amir Youssef.

Collectif Grapain, Ghost fire, 2024

Et en termes de thématiques ? 

Cette 69e édition s’attache à penser l’art comme un espace de réparation et de réinvention. Dans un monde traversé de crises, de fractures et de métamorphoses, les œuvres présentées invitent à reconsidérer nos façons d’habiter, de ressentir et d’agir. Que peut l’art après les traumatismes ? Peut-il encore être un lieu où se tissent des initiatives et des vies communes, où se réinventent des solidarités collectives ?

Les artistes proposent des gestes de soin et de régénération : leurs œuvres réparent les corps, les paysages, les récits, les relations entre humains et non-humains. À travers leurs pratiques, les artistes réaffirment la puissance de l’art comme force de lien, d’émancipation, de guérison – un art attentif, critique, mais résolument tourné vers des altérités.

Est-ce que l’IA a été sollicité ?

Il y a des artistes qui convoquent l’IA, mais toujours dans l’idée d’un dialogue et d’une réflexion sur le monde et ses évolutions.

Ladji Diaby, courtesy de l’artiste

Quelles sont les nouveautés de cette 69ᵉ édition ?

Dans l’idée d’élargir le Salon de Montrouge à un parcours dans toute la ville, nous avons voulu créer une dimension proche d’un festival en termes de format au sein du salon, dans un certain nombre de lieux partenaires ainsi qu’un parcours hors-les-murs avec des œuvres exposées dans l’espace public. 

Parmi les évènements qui se jouent dans l’espace du salon, pour la première fois un extrait d’une pièce de théâtre sera joué : Dimanche 15 février à 15h Lecture d’extraits de la pièce LIMBO, par Victor de Oliveira auteur et comédien, Ailton José Matavela, musicien).

Le samedi 28 février, 6 performances auront lieu pendant l’après-midi, offrant aux visiteurs une expérience vivante et interactive :

Lina Filipovich : Performance sonore activant son œuvre dans l’espace d’exposition.

Darius Dolatyari-Dolatdoust : Performance dansée par Maureen Béguin et Grégoire Schaller dans la salle Ginoux du Beffroi.

Fantino : Performance musicale qui entre en résonnance avec son installation.

Zoé Bernardi : Lecture d’un texte qui fait écho à son installation audiovisuelle.

Cynthia Montier : Performance autour de sa création artistique.

Angélique de Chabot : Déambulation entre le Beffroi et l’espace Les Jardiniers, débutant le pot de clôture de l’exposition.

Sehyoung Lee aux Jardiniers, suivie d’un DJ set de Thomas Moësl.

En ce qui concerne les collaborations en ville, des œuvres de la Collections de la Ville de Montrouge et du Département des Hauts-de-Seine sont exposées dans trois lieux satellites, la Médiathèque, le Conservatoire et l’Espace Colucci. Il y aura également l’exposition aux Jardiniers des trois lauréats de l’année dernière.

L’idée n’est pas de parachuter les œuvres en ville mais de tisser un vrai parcours et un temps festivalier autour des différents liens que nous avons amorcé précédemment.

Autre nouveauté la preview strictement dédiée aux professionnels le 11 février le temps d’une journée et soirée selon une demande qui nous a été formulée d’un temps privilégié avec les artistes afin d’encourager mieux encore leur accompagnement. 

Darius Dolatyari-Dolatdoust, courtesy de l’artiste

Le réseau des collaborations et lieux partenaires s’élargit : quelques exemples 

Depuis plusieurs années, le Salon de Montrouge développe un réseau de partenaires afin d’offrir de réelles perspectives aux artistes sélectionnés, à travers des dispositifs d’accompagnement variés : expositions, résidences, formations et rencontres professionnelles.

Cette année, le partenariat avec Carré sur Seine, initié lors de la précédente édition, est renforcé. À cette occasion, une journée spéciale de rencontres sera organisée le lundi 16 février au sein du Salon : sessions de speed-dating professionnel et lectures de portfolios rythmeront la journée, conçue comme un véritable temps de séminaire dédié aux échanges et à la mise en réseau.

Le Salon étend également son rayonnement à Paris grâce à une collaboration avec le Centre Wallonie-Bruxelles, qui accueillera une soirée de projections sur grand écran. Cette soirée réunira les artistes Zoé Bernardi, Fantino, Sophia Lang, Cynthia Montier, Sacha Teboul et Amir Youssef.

Par ailleurs, KOMMET, centre d’art contemporain de la Ville de Lyon, s’engage à soutenir la création émergente en invitant un·e artiste issu·e du 69ᵉ Salon de Montrouge à réaliser une exposition personnelle de deux mois au sein de sa programmation.

La résidence internationale Therapeia Art Residency s’engage quant à elle à accueillir deux artistes du 69ᵉ Salon de Montrouge pour une résidence de recherche et de création en Grèce, d’une durée de deux semaines.

Artagon proposera une journée de formations dédiée aux artistes sélectionnés, axée sur la professionnalisation et les enjeux contemporains des pratiques artistiques.

Enfin, la Villa Belleville attribuera une bourse de production en nature à un·e artiste de la sélection du 69ᵉ Salon de Montrouge, sous la forme d’une résidence de recherche et de création de deux mois dans un atelier individuel, incluant l’accès aux ateliers techniques de la structure.

De plus à l’international, Therapeia Art Residency (Grèce), programme de résidence sur l’île de Paxos va accueillir deux artistes. 

Affiche 2026

Vers plus de professionnalisation :

Nous menons une étude actuellement avec Art Collector, Evelyne et Jacques Deret dans l’idée de renforcer l’accompagnement des artistes, autour d’une sorte de Think Thank ou un réseau d’alumni pour établir un feed back sur un temps long.  

L’idée serait que pour chaque édition, quand on accueille les artistes, on leur présente deux artistes de l’édition précédente, deux galeries qui ont trouvé leur bonheur au salon, deux collectionneurs également convaincus. 

Tout cela dans une volonté de créer un cercle vertueux.

Si vous deviez citer un exemple de révélation permis par le Salon de Montrouge récemment :

En termes de parcours réussi, je citerai notamment les 10 ans de la galerie Anne Sarah Benichou qui a rencontré plusieurs de ses artistes au Salon de Montrouge comme Léonore Chastagner dernièrement qui a connu une véritable accélération depuis. 

Pour rappel la composition du Comité de sélection 2026 :

Léa Bismuth, critique d’art, commissaire d’exposition, écrivaine, Lucie Camous, commissaire indépendante, Licia Demuro, commissaire d’exposition indépendante et critique d’art, Margaux Knight, commissaire indépendante, Frédéric Lorin, juriste, financier et collectionneur d’art engagé, Arnaud Morand, directeur artistique, commissaire d’exposition, Stéphanie Pécourt, directrice du Centre Wallonie-Bruxelles de Paris et, Henri van Melle, conseiller en art contemporain, directeur du fonds de dotation Fabrice Hyber et président des Jardiniers, tiers-lieu artistique à Montrouge.

Relire mon interview avec Stéphanie Pécourt, membre du comité de sélection (lien vers).

Infos pratiques :

69ème édition du Salon de Montrouge

Du 13 février au 1er mars 2026

horaires :

tous les jours de midi à 19h, les samedis de midi à 21h,

Entrée libre et gratuite

Beffroi de Montrouge, place Emile Cresp – 92120 Montrouge

Ligne 4, Mairie de Montrouge

https://salondemontrouge.com

Quitter la version mobile